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  Le Soleil

Le dimanche 25 novembre 2007

Les échecs pour améliorer la logique et la concentration

Miguel réfléchit bien avant de jouer. Et selon son adversaire, ses tactiques sont d’une redoutable efficacité. (Le Soleil, Steve Deschênes)

Miguel réfléchit bien avant de jouer. Et selon son adversaire, ses tactiques sont d’une redoutable efficacité.
Le Soleil, Steve Deschênes

Isabelle Mathieu

Le Soleil

Québec

La prise en passant. L’enfilade. La fourchette. Le clouage. Les élèves de quatrième année de l’école Notre-Dame-du-Canada apprennent avec avidité les stratégies d’échecs les plus sophistiquées. Et, sans s’en rendre compte, améliorent leur concentration et leur logique.

La région de Québec n’échappe pas au virus des échecs, qui contamine de plus en plus d’écoles primaires de la province.

À l’école Notre-Dame-du-Canada de Vanier, toutes les classes suivront cette année une série de huit leçons d’échecs, prodiguée par Jean-Sébastien Bélanger, fondateur de l’Académie des échecs, et Bernard Boulianne.

Dans la classe de Madame Stéphanie, les 19 garçons et filles de quatrième année, sages comme des images, ont les yeux rivés au tableau. Pas question de manquer un iota des nouvelles «armes» enseignées par l’instructeur.

«Ils sont attentifs parce qu’ils aiment ça, chuchote l’enseignante Stéphanie. C’est super bon pour leur concentration, leur logique et l’anticipation de l’autre.» Même les élèves étiquetés avec un déficit d’attention, dit-elle, sont capables de se concentrer sur les échecs.

Jean-Sébastien n’a pas fini d’expliquer que déjà, les petites mains se tendent bien haut. Certains ont déjà hâte d’essayer la «prise en passant». D’autres sont plus sceptiques.

Tous auront la chance de s’y frotter, lors d’une demi-heure de jeu. L’ambiance est solennelle. «Je veux une atmosphère de tournoi», a d’ailleurs dit Jean-Sébastien aux enfants.

Comme on leur a appris, les deux partenaires commencent par se serrer la main et se souhaiter bonne chance. Mais bientôt, c’est œil pour œil et dent pour dent!

«Je n’ai plus de place pour mettre les pièces que j’ai gagnées», lance Gabrièle, moqueuse. Pour Kevin, l’heure de la revanche a sonné. «Miguel gagne le plus souvent, convient-il, en pointant son opposant. Il a de meilleures tactiques que moi.»

Chloé et Joanielle — «des meilleures amies», précisent-elles — se font face pour la énième fois. «Le plus dur, pour les enfants, c’est d’arriver à faire échec et mat», constate l’ins-tructeur Bernard Boulianne.

À 10 ans seulement, certains, comme Nicolas, sont capables de battre des adultes. «J’ai déjà gagné en cinq coups avec ma dame», ajoute le garçon, avec un petit sourire de fierté.

Jean-Sébastien Bélanger rêve du jour où le Québec ira aussi loin que la France, où le jeu d’échecs est reconnu par le ministère de l’Éducation comme un outil pédagogique.

Outil pédagogique

Le contexte de la réforme scolaire s’y prêterait parfaitement, estime le maniaque d’échecs. «Avec le jeu d’échecs, les enfants sont en approche de résolution de problèmes à chaque coup», fait-il remarquer.

Le tout passe sans que les élèves aient l’impression de faire autre chose que jouer. «Ça nous soulage vraiment quand on voit que le jeu d’échecs est marqué sur l’horaire de la journée, témoigne Gabriel D. Surtout si on a eu un gros cours de math avant!»