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  Le Soleil

Le vendredi 21 mars 2008

Les échecs au lieu des jeux vidéo

Des élèves de niveau primaire ont participé vendredi au Championnat d'échecs du 400e anniversaire de Québec. (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

Des élèves de niveau primaire ont participé vendredi au Championnat d'échecs du 400e anniversaire de Québec.
Photo Le Soleil, Erick Labbé

Marc Allard

Le Soleil

Québec

En ce Vendredi saint, la centaine d’élèves du primaire réunis hier au gymnase de la Polyvalente de Vanier auraient pu profiter de leur journée de congé pour s’amuser avec des jeux vidéo ou faire des bonshommes de neige. Mais ils ont préféré jouer aux échecs.

À 10h30, ils étaient assis face à face en silence à des tables de cafétéria recouvertes d’échiquiers. Un maître de jeu a donné le signal. Les participants se sont serré la main, se sont dit bonne chance et le Championnat d’échecs du 400e anniversaire de Québec a commencé.

La plupart des enfants s’entraînaient depuis des mois avec l’Académie d’échecs, un organisme à but non lucratif qui donne des cours d’échecs dans 21 écoles primaires de la région de Québec le midi, après l’école et parfois même pendant les classes.

Grâce à l’Académie, Tim Gagnon, 10 ans, s’est découvert une nouvelle passion. «Il me harcèle pour jouer aux échecs», raconte sa mère, Guylaine Gagné, en regardant son fils remporter sa première victoire
du tournoi.

Méganne Boudreault, six ans, et Jérémie Ménard, huit ans, ont eux aussi suivi des cours à l’école. À la maison, le frère ne laisse pas souvent gagner sa sœur. «Mais au moins j’apprends», dit la petite fille.

«C’est un jeu qui les amène à être plus calmes, à se concentrer», dit leur grand-mère, Micheline Jalbert, venue assister au tournoi. «Ça va les suivre toute leur vie, parce qu’ils vont apprendre à penser avant de poser un geste.»

Comme Mme Jalbert, de plus en plus de professeurs d’école se rendent compte des bienfaits des échecs sur l’apprentissage des élèves.

«Yoga du cerveau»

«C’est comme un yoga du cerveau pour les enfants, dit Bernard Boulianne, porte-parole de l’Académie des échecs. Ils sont tellement stimulés par la télévision, par les jeux vidéo et tout ça, et ils ont des problèmes à se concentrer à l’école. Là, ils sont obligés de s’asseoir et de se concentrer.» Et les bienfaits sont encore plus visibles chez les garçons, reconnus pour être plus distraits que les filles, ajoute M. Boulianne.

Fondée en 2003 à Sherbrooke par Jean-Sébastien Bélanger, un ancien étudiant en philosophie, l’Académie des échecs est établie depuis deux ans à Québec, où elle a ses bureaux à l’école Notre-Dame-du-Canada de Vanier. Ses cours sont aussi offerts dans des écoles de Drummondville, de Rimouski et de Trois-Rivières.