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Marc Allard
Le Soleil
Québec
En ce Vendredi saint, la centaine d’élèves du primaire réunis
hier au gymnase de la Polyvalente de Vanier auraient pu profiter de leur journée
de congé pour s’amuser avec des jeux vidéo ou faire des bonshommes de neige.
Mais ils ont préféré jouer aux échecs.
À 10h30, ils étaient assis face à face en silence à des tables de
cafétéria recouvertes d’échiquiers. Un maître de jeu a donné le signal. Les
participants se sont serré la main, se sont dit bonne chance et le Championnat
d’échecs du 400e anniversaire de Québec a commencé.
La plupart des
enfants s’entraînaient depuis des mois avec l’Académie d’échecs, un organisme à
but non lucratif qui donne des cours d’échecs dans 21 écoles primaires de la
région de Québec le midi, après l’école et parfois même pendant les classes.
Grâce à l’Académie, Tim Gagnon, 10 ans, s’est découvert une nouvelle
passion. «Il me harcèle pour jouer aux échecs», raconte sa mère, Guylaine Gagné,
en regardant son fils remporter sa première victoire du tournoi.
Méganne Boudreault, six ans, et Jérémie Ménard, huit ans, ont eux aussi
suivi des cours à l’école. À la maison, le frère ne laisse pas souvent gagner sa
sœur. «Mais au moins j’apprends», dit la petite fille.
«C’est un jeu qui
les amène à être plus calmes, à se concentrer», dit leur grand-mère, Micheline
Jalbert, venue assister au tournoi. «Ça va les suivre toute leur vie, parce
qu’ils vont apprendre à penser avant de poser un geste.»
Comme Mme
Jalbert, de plus en plus de professeurs d’école se rendent compte des bienfaits
des échecs sur l’apprentissage des élèves.
«Yoga du
cerveau»
«C’est comme un yoga du cerveau pour les enfants, dit
Bernard Boulianne, porte-parole de l’Académie des échecs. Ils sont tellement
stimulés par la télévision, par les jeux vidéo et tout ça, et ils ont des
problèmes à se concentrer à l’école. Là, ils sont obligés de s’asseoir et de se
concentrer.» Et les bienfaits sont encore plus visibles chez les garçons,
reconnus pour être plus distraits que les filles, ajoute M.
Boulianne.
Fondée en 2003 à Sherbrooke par Jean-Sébastien Bélanger, un
ancien étudiant en philosophie, l’Académie des échecs est établie depuis deux
ans à Québec, où elle a ses bureaux à l’école Notre-Dame-du-Canada de Vanier.
Ses cours sont aussi offerts dans des écoles de Drummondville, de Rimouski et de
Trois-Rivières.
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