Frère Charles-Henri Dionne, s.c.

Marie-Louise L’Italien

Biographie Marie-Louise (Joséphine) L'Italien

          Jacques Bonaventure L'Étoile (1718-1777) + Marie Amiot
Germain L'Étoile(1772- 1835) + Marie Charlotte Miville-Deschênes
Louis Étienne L'Étoile ( 1800-1864) + Céleste Brisson
Octave l'Étoile dit L'Italien (1825-1880) + Marguerite Gonthier
Ambroise L'Étoile dit L'Italien (1857- 1932) + Claire Lévesque
Marie-Louise (Joséphine) L'Italien ( 1885-1985) + Octave Dionne

          Son ancêtre, Jacques Bonaventure L'Étoile, puis L'italien, fils de Ange-Marie L'Étoile et d'Angélique-Marie Bernarre, de la Trinité, en Italie, se marie à Québec, le 22 avril 1748 à Marie-Josette Amyot, fille de Charles Amyot et d'Angélique Métivier.

          À la cinquième génération, nous retrouvons à Sainte-Angèle-de-Mérici, Ambroise L'Étoile dit L'Italien, qui avait pour épouse Claire Lévesque, fille de Louis Lévesque et de Victoire Dumais. De cette union, trois enfants sont nés : Marguerite, Joseph-Louis, Marie-Louise(Joséphine) L'Italien.

          Marie-Louise, L'Italien vit le jour le 23 novembre 1885 à Sainte-Angèle-de-Mérici, sur le bien paternel, dans le troisième rang de Côtes-de-Roches. Monsieur Cyprien Gagné, curé de Sainte-Angèle-de-Mérici de 1880-1906, la fit enfant de Dieu par le baptême.

          Comme toutes les filles de son âge, elle fréquenta la petite école jusqu'en quatrième année, nous dit-elle, elle avait alors 12 ans. L'école du rang était située dans une maison privée, un appartement de la maison servait de salle de classe.



          Marie-Louise, à l'âge de 16 ans, après quelques mois de fréquentation, épousait Octave Dionne, cultivateur, le 30 juillet 1901. Quand on lui demandait pourquoi elle s'était mariée si jeune, elle répondait fièrement : "Parce que j'étais belle et fine" et elle terminait par un éclat de rire. Durant deux ans, Octave et Marie-Louise allèrent habiter chez Élisée, frère d'Octave, en attendant de faire l'acquisition d'un lot, dans le deuxième rang des Côtes-de-Roches, à quelques arpents de la ferme d'Élisée.


           En 1903, comme la forêt commençait à s'éloigner de la petite maison, le jeune coupe s'installait dans leur demeure. De ce mariage sont nés 13 enfants dont six sont décédés assez jeunes. Dans sa grande générosité, la famille Dionne adoptait à l'âge de 7 ans, Marie-Louise Anctil une petite-nièce orpheline de mère.

          L'exploitation de la terre donnait du cent pour un, si bien, que le couple n'avait qu'une seule ambition : celle de donner à leurs enfants un héritage, un "bien" comme disait Octave. Il faut dire aussi que Marie-Louise était la femme qui savait appuyer son homme aux multiples travaux de la ferme. Elle nous disait qu'au temps des semences et des récoltes, les journées commençaient très tôt et se terminaient très tard.

          Marie-Louise a toujours préféré les travaux extérieurs à la routine domestique. Chaque matin, après le lever du soleil, la fumée de la cheminée de la petite cuisine d'été annonçait à nos voisins que déjà Marie-Louise était à l'ouvrage. Pendant que son mari allait chercher les vaches au pâturage, Marie-Louise préparait un bon café bouilli à boire au retour de la besogne.


          Tout près de la maison, dans un four de glaise, elle cuisait son pain, le bon " pain de maison " comme elle se plaisait à dire. Tous les passants humaient la senteur de ce bon pain qui se dégageait du four à certains jours de la semaine. À partir de l'automne, la fromagerie au coin du 2è rang étant fermée pour l'hiver, la maman gardait une partie du lait de la ferme pour le passer au séparateur. Elle barattait la belle crème pour, ensuite, la mouler dans un étui de bois en forme d'une livre de beurre.

          Marie-Louise ressemblait à la femme dont parle l'Évangile: elle était laborieuse, comme toutes les mères de son temps, elle cardait la laine des moutons et passait de longues veillées d'hiver à faire ronronner le vieux rouet. À la lueur blafarde d'une lampe à pétrole, elle tricotait et, comme par enchantement, il en sortait de belles mitaines et de beaux bas chauds.


          Dans ce temps-là, il n'était pas rare, de trouver quelques volumes que M. l'Inspecteur d'école ait fait tirer aux enfants; elle demandait souvent de lui lire quelques pages d'un volume qui avait pour titre : "Les trois enfants perdus et retrouvés". Elle était une femme de cœur, de devoir et elle savait bien "arranger" les choses. Je me rappelle que nous allions lui confier nos espiègleries et après, elle finissait par dire avec beaucoup de douceur : "J'en parlerai à ton père". On n'en entendait plus parler.

          Marie-Louise, vivant dans un milieu modeste, a su exercer sa patience, équilibrer le faible budget, limiter ses goûts et sacrifier souvent ses fantaisies. Marie-Louise ne semblait pas bouder l'instruction car trois de ses filles, Cécile, Marie-Louise Anctil, sa fille adoptive, et Marie-Laure ont opté pour l'École Normale en vue de devenir institutrices. Le dernier des garçons, Charles-Henri, consacrait 38 ans de sa vie dans l'enseignement chez les Frères du Sacré-Cœur.

          Nantie d’un grand esprit de foi, elle savait rendre grâce à la Providence pour les joies et les peines vécues. Je me rappelle, j’avais alors six ans, avant le déjeuner, elle m’invitait tous les matins à dire avec elle l’offrande des actions au Divin Cœur de Jésus. Elle a su si bien me communiquer sa piété que je peux dire : «Si je suis religieux aujourd’hui, c’est grâce à elle». Le chapelet en famille, elle y tenait beaucoup. Il fallait que les enfants récitent le chapelet avant d’aller veiller, c’était la coutume.


          Son esprit était sans cesse préoccupé par ses enfants, surtout par ses petits-enfants avec qui elle vivait; comme elle les aimait, elle avait toujours le bon mot pour les encourager dans leurs études. En retour, elle recevait beaucoup d’amour de leur part. Qui ne se souvient pas de s’être fait bercer par grand-maman? La photo qui représente 4 générations sont: Marie-Louise, Roland, Denis et son fils Jérôme Dionne.



          Plusieurs événements marquèrent sa vie.

          Le plus cruel fut, sans doute, le départ de son époux vers la maison du Père, à l’âge de 95 ans et trois mois. Pendant 70 ans, elle a été sa fidèle compagne. Parmi les événements heureux, il est bon de souligner les fêtes du 50ième anniversaire de mariage et vingt ans après, fait rare, le 70ième anniversaire en août 1971. Elle fut la doyenne de la paroisse pendant plusieurs années et beaucoup de citoyens la voyaient comme «centenaire». Marie-Louise ne désirait pas se rendre à cent ans.

          A une question que je lui posais: Maman, avez-vous hâte d’être centenaire ? Elle répondait; «Qu’est-ce que ça peut bien faire, ça ne changera pas grand-chose.» Elle disait souvent qu'elle avait hâte que le Seigneur vienne la chercher pour aller rejoindre celui avec qui elle avait partagé toute sa vie. Fait assez rare, elle a vu tous ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants. avant de quitter cette terre.



          Cheveux blancs, front ridé par l’usure du temps, Marie-Louise quittera cette terre comme la neige qui tombe doucement, avec beaucoup de sérénité.

          Son alliance avec le Père n’ayant jamais été rompue, elle s’éteignit calmement à l’âge de 99 ans et 11 mois, le 24 octobre 1985.

          Cette photo fut prise le 10 août 1985, à peine quelques mois avant son décès. "MAMAN, JE T’AIME!" Et veille sur chacun de nous!



Le seul frère de Marie-Louise L’Italien
Joseph Louis l’Italien 1880-1948

          Joseph-Louis, fils d’Ambroise L’Étoile dit l’Italien et de Claire Lévesque, est né le dix novembre 1880, à Sainte-Angèle-de-Mérici, au troisième rang des Côtes-de-Roches.

          Comme tous les garçons de son âge, il fréquenta la petite école du rang : une maison privée, dont un appartement servait de salle de classe.

          Il faut aussi rappeler qu’à une certaine époque, l’enseignement scolaire était assez limité. Souvent, avec un minimum d’instruction les garçons se retiraient de l’école pour devenir une aide précieuse aux travaux de la ferme.

          Pourquoi Joseph-Louis est-il toujours demeuré célibataire ? Nul ne le sait. Il était un homme d’une grande simplicité, doué d’un cœur généreux et dévoué. Habitué à vivre seul, il ne semblait pas en souffrir. Sa grande dévotion à la Sainte Vierge Marie le faisait très tôt remarquer.

          N’ayant pas fait de longues études, il avait, cependant, acquis de bonnes connaissances en agriculture puisqu’il a passé la majeure partie de sa vie sur la ferme paternelle.

          La donation de la ferme à Joseph-Louis s’est effectuée le 16 avril 1906. (Voir le contrat signé par M. Paul Gagnon, notaire.) À un certain moment, Ambroise et Claire quittèrent la ferme pour élire domicile au village de Sainte-Angèle-de-Mérici. Alors, Joseph-Louis passait tous les hivers avec ses parents au village et il retournait à la ferme au printemps pour ensemencer les champs et par la suite assurer les récoltes, fruit de son travail.

          Durant la saison estivale, Joseph-Louis attelait sa jument grise au « buggy » pour se rendre à la messe dominicale. A son passage devant la maison de sa sœur Marie-Louise l’Italien et son beau-frère Octave Dionne, un neveu profitait de cette occasion , montait dans la voiture, et continuait jusqu’à l’église.

          Après la messe, il s’approvisionnait au magasin général pour les besoins de la semaine. Tous les dimanches, il prenait le dîner chez sa sœur Marie-Louise. Elle lui remettait à cette occasion, un bon pain de ménage qu’elle avait cuit les jours précédents. Vers l’âge de 55 ans, il vendit sa terre à Monsieur Émile Dionne. Dès lors, il demeura dans la maison de ses parents défunts.

          Une année avant sa mort, il demanda à sa sœur Marie-Louise de l’héberger : il était malade. Un cancer de la prostate l’emporta le 21 septembre 1948. Il était âgé de 68 ans. Joseph-Louis repose dans le cimetière de Sainte-Angèle-de-Mérici à côté de ses parents, Ambroise L’Italien et de sa mère Claire Lévesque.

Charles-Henri Dionne, s.c

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