Chapitre III

 

Poursuite d'une carrière

 

 

 

À l'automne '61, Yves décida de vivre une nouvelle étape dans sa vie. Il quitte sa famille et s'engage dans une commission scolaire à environ 40 kilomètres de sa petite ville où il avait vécu depuis environ 18 ans. Ce fut sa troisième rupture. Il se disait qu'un changement de milieu de travail, tout en demeurant dans l'enseignement, ne pouvait que lui être bénéfique, tant sur le plan personnel que professionnel.

 

Si on se rapporte aux années '60, les salaires des professeurs variaient beaucoup d'une commission scolaire à l'autre. Ainsi pour améliorer son sort financièrement, il a fait application dans cette nouvelle commission scolaire où il fut engagé sur le champ. Il est évident que le fait de changer de commission scolaire au gré des salaires n'était pas très bon sur le plan de la stabilité de l'enseignement. Heureusement que des négociations provinciales vinrent mettre un frein à ce pèlerinage des enseignants.

 

L'aspect monétaire a eu un impact assez grand depuis sa tendre enfance à venir jusqu'à sa retraite. Quand on a manqué d'un bien essentiel, il est tout a fait normal que l'on désire se prémunir contre cette lacune. Concrètement, ses parents et tous ceux des années '30 devaient composer avec cette préoccupation, à court et à long terme.

 

Souvent, nous les enfants ne saisissions pas toujours les conséquences plus ou moins heureuses du manque à gagner de nos parents. Il est clair, que tout jeune, on ne pouvait connaître la différence entre une famille pauvre, moyenne et à l'aise. Sa famille est située dans celle des pauvres, pour la majorité des années qu'il a vécu jusqu'à ses 21 ans.

 

C'est vrai que l'argent est le nerf de l'économie. Il est aussi vrai qu'à part nos besoins essentiels, il nous arrivait de nous créer d'autres besoins en comparaison avec des mieux nantis. Il est aussi vrai, selon St-Augustin, qu'il faut un minimum de bien-être pour pratiquer la vertu.

 

Savoir vivre selon ses moyens est une règle aussi simple qu'essentielle.

Avoir les moyens d'entreprendre des études ou une formation quelconque, sans être obligé d'hypothéquer sa santé ou sa condition d'être humain équilibré, n'est pas donné à tout le monde. Par contre, une trop grande facilité d'accès à tout ce que l'on désire, nous fait moins apprécier ce que nous recherchons. Être en possession de biens matériels pour mener à bon port des objectifs précis rend la tâche moins onéreuse à tous les points de vue.

 

Comme chef de famille à son tour, avec son ministre des finances, son épouse, Yves a dû prioriser certains objectifs à atteindre à court et à long terme, afin d'assurer une sécurité financière minimum pour que ceux qui dépendaient directement de lui puissent entrer dans la vie avec l'espoir de réussir. Je crois honnêtement que ses enfants ont eu cette chance. C'est sûr que comme parents, ils ont fait des choix en conséquence, ils ont remis à plus tard certains projets de rénovation et de voyage.

 

Après un an dans sa nouvelle ville, Yves a assisté au mariage de deux autres de ses sœurs et d'un de ses frères également plus jeunes que lui. Donc, trois autres membres de sa famille avaient décidé de leur destinée et personnellement, il était toujours en recherche. Quand tu ne te sens pas prêt pour une aventure, surtout celle de la vie, tu t'abstiens et c'est ce qu'il a fait à date.

 

L'aspect religieux le hantait toujours. Il fit une demande à l'évêque du temps et il fut accepté dans un grand séminaire. Cependant, après trois jours de retraite, ayant vécu durant ce temps, les mêmes angoisses que lorsqu'il était chez les frères, Yves décida de ne pas poursuivre dans cette voie. Le désir de vouloir trop bien faire l'a amené à faire différents essais loyaux en regard d'un engagement pour ses frères les humains.

 

Il se relança de plus bel dans l'enseignement et il reprit des études à temps partiel dans le domaine de l'orientation. Le même "pattern" revenait constamment, le travail et les études. Il ne lui restait plus de temps pour vivre autre chose. Il était demeuré très religieux dans l'âme et conservait, grâce à Dieu, une morale à toute épreuve.

 

En 1962, il était assuré d'une chose, il s'engagerait dans un projet de vie à deux, ce que nous appelons communément le mariage. Il réalisera ainsi son besoin d'aimer et d'être aimé. Il est vrai de dire que lorsque tu as décidé dans ton esprit d'une ligne de conduite, tu réussis la plupart du temps à y arriver. C'est essentiel de croire en ses possibilités pour réussir ce que l'on a clairement décidé. Une idée peut devenir réalité qu'à cette condition d'une prise de conscience optimale, pour réaliser concrètement un projet. Ce besoin de bonheur au fond qu'il poursuivait, sans se l'avouer franchement est bien résumé dans la pensée de Albert Szent Györgyie: " L'activité humaine est dominée par la recherche du bonheur. Le bonheur, à son tour, est essentiellement la réalisation de soi, un état dans lequel tous les besoins matériels ou intellectuels se trouvent satisfaits. Le plaisir est la satisfaction d'un besoin, et il ne peut y avoir de grand plaisir sans grand besoin."

 

Ainsi, Yves a rencontré celle qui devait devenir sa compagne de vie, en 1963. Elle était enseignante également, force lui est donnée d'admettre que ce milieu lui a été propice pour plus d'une raison, mais surtout pour donner un sens à sa vie. La destinée, j'y crois, mais je m'empresse d'ajouter qu'il faut y participer. C'est curieux, c'est en acceptant d'entrer dans une ligue de quilles, donc des loisirs et du social, qu'il a rencontré l'âme sœur, comme on disait dans le temps. C'était une ligue de professeurs, il avait donc un peu moins de mérite, cela demeurait dans le milieu de l'enseignement.

 

Je peux presqu'affirmer que sa profession est devenue pour lui, une seconde nature. Sans exagérer, sans blesser son humilité, je peux dire qu'il a été logique avec lui-même. Autant il s'est travaillé personnellement, autant il s'est perfectionné dans l'art d'enseigner et d'éduquer. Pour ainsi dire, il se perdait dans l'enseignement et l'enseignement se confondait dans sa personnalité. Friedrich Wietzsche résume ainsi ce que Yves ressentait: " J'ai dormi et rêvé que la vie était un plaisir; je me suis éveillé et j'ai vu qu'elle était un devoir; j'ai travaillé et j'ai constaté que le devoir est un plaisir." C'est ce que j'appelle une chimie parfaite. Mais, puisqu'il y a un mais, un danger le guettait sans cesse, celui de savoir départager le travail professionnel et sa vie personnelle et par la suite sa vie familiale.

 

Tout en bâtissant graduellement avec son épouse qui a été extraordinaire, complémentaire on ne peut plus, une famille de quatre enfants, il poursuivait ses études à temps partiel à Montréal.

 

Ce n'est qu'en 1970 qu'il termina son Baccalauréat en Information scolaire et professionnelle. Il est certain que partagé entre le travail, les études et la famille, il ne lui restait pas beaucoup de temps à investir dans sa vie de couple et personnelle. Ce régime de vie dura environ dix ans.

 

Tout cela sans compter son implication au niveau des loisirs et du comité d'école. Quand ses enfants fréquentèrent l'école à partir de 1971, son épouse était impliquée à 200 % dans la course à l'éducation et à l'instruction. Ses absences prolongées et répétées ne facilitaient pas la tâche familiale qui reposait presque entièrement sur les épaules de son épouse. Heureusement qu'elle était et est toujours une femme forte et très compréhensive.

 

Par déformation professionnelle, Yves s'occupait plus souvent des problèmes des enfants des autres que ceux des siens. Aujourd'hui, il le regrette, car son professionnalisme à outrance aurait pu avoir des effets beaucoup plus néfastes sur sa vie familiale. Heureusement qu'entre bonnes mains, celles de son épouse, ses enfants firent d'excellentes études primaires.

 

Quand ils entreprirent tour à tour leur formation secondaire, il s'intéressait davantage à leurs études, face à leurs choix de cours. Sans les contraindre à quoi que ce soit, il se rendait disponible à leurs besoins et il leur signifiait qu'il comprenait bien leur cheminement scolaire. Je dois dire que parallèlement à son travail d'enseignant, Yves recevait souvent des jeunes garçons et filles à son bureau à la maison, pour répondre à leurs interrogations face à leurs choix de cours et à leur orientation en fonction de leur avenir. Sa femme et ses enfants ont été témoins de ces nombreuses visites, de ces jeunes qui défilaient littéralement chez lui. Sans manquer au secret professionnel, il portait à l'attention de ses enfants, certaines interrogations qui lui étaient posées. Une bonne habitude, qu'il encouragea très tôt chez ses enfants, fut la lecture. Ils ont appris très jeunes que: "De nos jours, la véritable université, c'est une bibliothèque." (Carlyle)

 

C'est comme cela qu'il réussissait à les placer en confiance et en même temps faire une incursion discrète dans leur questionnement face à leur orientation. À ce niveau, il a été très prudent, peut-être un peu trop, sous prétexte de ne pas les influencer dans leur choix. Il ne voulait pas que ses enfants deviennent ses élèves, car c'était un réel danger.

 

J'avoue que cela n'a pas été facile, peut-être que parfois, les distances qu'il prenait au sujet de tout ce qui concernait leurs études, étaient perçues comme un désintéressement, un abandon. Il était comme pris entre deux feux, trop ou trop peu en faire. Il a essayé de mettre en pratique ce proverbe arabe: " Quand j'écoute, je détiens un avantage; quand je parle, c'est l'autre qui en bénéficie."

 

À mesure que les enfants prenaient leur place dans la famille, au fur et à mesure, comme parent, il s'efforçait, tout en étant présent, d'être discret. Il voulait qu'ils sachent qu'il existait, qu'il était disponible et que cette façon de faire lui paraissait sauvegarder leur intimité. Ici, il rejoint son père, être là et à l'écoute, surtout à l'adolescence, je crois que les jeunes souhaitent cette attitude.

 

Être près de ses enfants, ça veut dire quoi ? Aller au-devant de leurs désirs, de leurs préoccupations. Je ne crois pas. Autrement, comment vont-ils pouvoir développer leur autonomie. Tout un débat pourrait s'ouvrir à ce sujet. Il m'apparaît évident que ce qui attire l'attention, l'esprit et le cœur d'une personne, c'est beaucoup plus l'être que l'avoir.

 

 

"Pouvoir diriger sa vie de façon à se réaliser soi-même me semble le but ultime de l'être humain." (Ibsen)

 

 

L'affirmation de notre vie, de notre bonheur, de notre croissance et de notre liberté s'enracine dans notre capacité d'aimer, c.-à-d. dans la sollicitude, le respect, la responsabilité et la connaissance.

Érick Fromm

 

Tout ce qu'un homme peut concevoir, d'autres pourront le réaliser.

Jules Verne

 

Le désir, c'est Dieu qui frappe à la porte de votre esprit, cherchant à vous donner le meilleur. Dr Émilie Cady

 

Platon a dit:" La mesure de la grandeur d'un homme tient à son pouvoir d'exaltation en amitié."

 

Dans son inconscient, chacun de vous est convaincu de son immortalité.

Sigmund Freud

 

La persévérance, et non la force, réussit de grandes choses.

Samuel Johnson

 

 

 

 

 

À ce moment, je me permets une réflexion sur:

 

Éducation vs Orientation

 

 

DEVENIR SOI-MEME

 

UNE PERSONNALITÉ

 

UN ÊTRE RAISONNABLE ET ÉQUILIBRÉ

 

 

Qui suis-je ? " Qui connaît les autres est érudit, qui se connaît est sage."

(Proverbe chinois)

 

Se connaître: Être parmi tant d'autres

 

Être raisonnable:

 

Deux parties en moi qui sont très unies et qui ont une très grande relation entre elles:

 

1) Partie matérielle - périssable: être parmi tant d'autres (corps)

2) Partie immatérielle - non périssable: être raisonnable (esprit)

 

 

L'équilibre entre deux forces bien distinctes qui se trouvent dans chaque être humain: le physique et le psychologique.

 

Enfant: Physique a la plus grande part, l'esprit sommeille. (l'instinct de conservation)

 

Adolescent: Développement et croissance rapide des forces physiques, développement complet de la partie matérielle. (L'instinct de propagation)

 

Éveil de l'esprit (toutes les facultés de l'être humain entrent en éveil, croissant sans cesse.)

 

Ici se situe le traumatisme, c'est que les développements physiques et psychologiques ne se font pas simultanément, d'où naissance de difficultés, incompréhensions de soi-même, problèmes de toutes sortes.

 

Qui suis-je ?

 

À quoi sert la vie que j'ai reçue ?

 

Comment l'utiliser à bon escient ?

 

Que vais-je faire dans la vie ?

Le premier problème d'orientation:

 

 

- Connaître

 

- Se connaître

 

- Connaître les autres

 

L'intelligence sera ma lumière, la volonté ma force d'action, ainsi je me pétrirai et je deviendrai ce que je suis.

 

Connaître: Effort à fournir: volonté à entraîner.

Dans la nature, on se rend compte que le matériel étant concret, il est plus facile à saisir, mais il ne faut pas s'y laisser prendre.

 

Mon intelligence me dira que l'insaisissable est toujours plus attrayant et attirant, et qu'ainsi stimulé, je me dois de dépasser ce stade matériel pour découvrir cette partie en moi si mystérieuse.

 

VOIR VOULOIR AGIR

 

 

POURSUIVRE LE DÉVELOPPEMENT DE MON INTELLIGENCE EST POUR MOI, LA CONDITION ESSENTIELLE POUR ARRIVER À VOIR CLAIR ET À M'ASSURER LE MINIMUM NÉCESSAIRE POUR CONNAÎTRE, ME CONNAÎTRE ET CONNAÎTRE LES AUTRES.

 

 

 

 

Toute sagesse réside dans l'équilibre de mes forces opposées.

 

Connaître ces deux forces avant d'essayer d'établir un équilibre.

 

1) matériel: physique: (corps)

 

2) immatériel: psychique: (esprit)

 

 

Distinction et Interrelation très grande entre:

 

- Physique: biologie: sexes: mâle et femelle

 

- Psychique: psychologie: masculine et féminine

 

D'où: Nécessité de connaître le rôle de chaque partie de soi-même. (Corps et esprit)

 

Comportements différents selon mon sexe, mon hérédité, mon milieu social, mes goûts, mes aptitudes.

 

Équilibre à assurer entre les deux parties inséparables de mon être.

 

Équilibre ne signifie pas ici égalité que pourraient donner les deux plateaux d'une balance. Nous devons dépasser les lois de la physique qui ne s'adressent qu'au matériel et arriver à comprendre qu'il s'agit beaucoup plus d'assurer non pas une égalité, mais une hiérarchie.

 

Hiérarchie de différentes valeurs en acceptant au point de départ que tout est relatif, tant du côté matériel qu'immatériel. En dépit de cette relativité, il est possible à l'être raisonnable d'établir une échelle de valeurs dans tout ce qui le compose et l'entoure.

 

Le respect et l'acquisition d'une certaine hiérarchie de toutes les valeurs humaines et spirituelles déterminent chez chacun ce que l'on appelle vaguement du nom de maturité.

 

 

MATURITÉ

 

Il y a maturité et maturité !

 

Cette maturité est l'objet de toute une vie !

 

L'âge chronologique et l'âge psychologique des êtres humains ne coïncident pas toujours. La différence entre ces deux natures d'âge provient justement du fait qu'on est demeuré au stade de l'enfance, qu'on est demeuré un éternel adolescent ou que l'on a su voir et vouloir devenir une personnalité d'une certaine maturité.

 

En considérant que la force, la seule force réelle existante d'ailleurs, dans chaque Être raisonnable est l'Amour, nous arrivons au coeur du sujet.

 

AMOUR: Ce qu'il y a de plus simple et de plus naturel et la seule réalité qui ne connaisse pas de relativité.

 

Problème: Pourtant, on arrive à constater autour de soi, qu'aimer ce n'est pas facile, on arrive au piètre résultat, c.-à-d. à se demander à quoi sert la vie ?

 

La réponse est si simple, la vie ayant été donnée à l'homme par amour, il n'a pas d'autre but que d'aimer.

 

 

Reste à savoir:

 

- Qu'est-ce qu'aimer ?

 

- Comment aimer ?

 

- Qui aimer ?

 

L'amour, pour être réel doit être vrai !

 

Il est essentiel, en premier lieu, de distinguer aimer et s'aimer.

 

Aimer: don de soi pour l'autre. (Générosité)

 

S'Aimer: aimer l'autre pour ce qu'il nous donne. (Égoïsme)

 

Il est évident qu'il est primordial de voir le piège qui nous guette tous, si nous n'y prenons garde, le faux amour c.-à-d. l'amour démesuré de soi-même.

 

L'amour véritable exige: connaissance de soi-même et connaissance de l'autre. Comme l'amour est un don, il faut donc que je me possède avant de me donner.

 

À 15-18 ans, puis-je aimer ?

 

L'éternelle question !

 

La question ne se pose même pas, si on a saisi qu'est-ce que l'amour véritable.

 

Tout ce que je puis dire, c'est à 15-18 ans, je me prépare à aimer.

 

Les trois quarts des problèmes que je rencontre sur ma route d'adolescent et plus tard sur celle de ma vie d'adulte sont montés de toutes pièces par mon égoïsme, mon imagination, ma malhonnêteté envers moi-même et les autres.

 

Enlevons nos verres fumés à couleur trop sombre ou trop rose, regardons d'une façon naturelle et avec la limpidité que nous donne cette connaissance exacte des choses et des gens.

 

Alors seulement, je me rendrai compte que l'amitié d'une part et l'amour d'autre part sont deux sujets éternels qui valent la peine d'être vécus.

 

Pour ce faire, il me faut absolument m'en occuper et ne pas attendre des autres ce qu'ils ne peuvent me procurer.

Ce qui signifie en termes clairs: prends d'abord les moyens mis à ta disposition et ensuite exige de toi-même, en premier lieu, puis des autres ensuite et non l'inverse, comme souvent on est enclin à faire.

 

Comment se préparer efficacement à pouvoir aimer réellement un jour, puisque c'est la seule grande réalité, qui nous donnera la paix tant désirée dans ce monde cruel et défiguré, si l'égoïsme, cancer monstrueux de l'amour, ne cesse de croître ?

 

Cesser de penser à soi, à ses petits problèmes, pour arriver à voir l'autre, son voisin qui les trois quarts du temps n'a pas le tiers de ce que je possède, tant du côté matériel, intellectuel ou moral.

 

Respecter la nature, ne pas accepter de se robotiser, tenir à demeurer ce roseau penchant, mais pensant.

 

Voir sainement tout ce que l'Auteur de nos jours a mis à notre disposition, pour que nous puissions connaître, même sur cette terre humide, un certain bonheur relatif, mais réel et possible tout de même.

 

Accepter d'être soi-même, ne pas tenir absolument à devenir l'autre. Entre soi-même, ce qui n'est pas évident.

 

De ce fait, tu réaliseras que l'apprentissage de l'amour, ne consiste pas d'abord en expériences malheureuses qui ne nous procurent rien, si ce n'est que dégoût et amertume.

 

On veut récolter avant d'avoir semé.

 

Ici, il ne s'agit pas de jeu de mots, toute étape dans la vie d'un être humain trouve sa raison d'être, ainsi, il est heureux que nous connaissions les joies de l'enfance, les joies tantôt sombres, tantôt ensoleillées de l'adolescence, pour pouvoir apprécier à sa juste valeur, ce que la vie d'adulte nous réserve.

 

Il n'est donc pas normal que les adolescents ou les adultes restent indifférents à leurs problèmes réciproques. Pas plus que chacun demeure sur ses positions, attendant la solution de l'un de leurs problèmes de la part de M. Hasard, qui brille souvent par son absence.

 

L'adulte et l'adolescent doivent coopérer afin que l'expérience et la maturité de l'un puissent éclairer et guider l'autre.

 

Il est aussi tout à fait normal et recommandable que les adolescents et les adultes s'intéressent à leurs propres problèmes et qu'ils fassent tout en leur pouvoir et connaissance, afin d'arriver à mener une existence à la fois exaltante et riche.

 

Ce texte provient d'une réflexion que j'ai faite, il y a une vingtaine d'années, et il me semble qu'il est encore d'actualité.

 

Que chacun devienne ce qu'il est appelé à devenir; atteigne si possible, son total épanouissement; et se dresse enfin de toute sa stature.

Thomas Carlyle

 

À qui prend la mer sans décider de son port de destination, le vent n'est jamais favorable.

Montaigne

 

La vérité ne progresse qu'à travers des esprits qui souffrent pour son enfantement et sa croissance.

Teilhard de Chardin

 

Je recommence chaque jour une même démarche, à partir de ma nuit vers une lumière; quand ce n'est pas, à partir d'un doute vers la Foi.

Roger Schultz

 

Tant que nous nous mentons à nous-mêmes sous quelque forme que ce soit, il ne peut y avoir d'amour.

Krishmamurti

 

La chance est un autre mot pour dire ténacité.

R.W. Emerson

 

 

Sur le plan professionnel, en 1967, Yves a fait l'expérience du principalat au primaire et il a répété l'expérience en 1976. Son défi était de former une équipe avec les enseignants (es) et ainsi répondre aux attentes des jeunes et de leurs parents. Sauf que pour des raisons hors du domaine pédagogique, il n'a pu mener à bonne fin, comme il l'aurait souhaité, ces deux expériences. Apparemment qu'il rêvait en couleur et la commande qu'on lui avait placée en le nommant principal à deux reprises, était d'agir beaucoup plus comme administrateur que pédagogue. Or, cet aspect au niveau de l'éducation ne cadrait pas du tout avec son idéal et ses possibilités. Que voulez-vous, on ne donne pas ce que l'on n'a pas. Il s'est avéré et cela il s'en doutait, que le travail de gérance et purement bureaucratique ne lui allait pas comme un gant.

 

Une quatrième rupture est survenue sur le plan professionnel en 1978, où il a dû pour des circonstances qui seraient trop longues à expliquer ici, prendre la décision d'opter pour le secteur privé, après avoir œuvré 23 ans au public. Disons que c'était une question de tâche de travail dans des classes d'élèves en difficultés d'apprentissage. Yves n'était pas préparé pour ce genre de clientèle. Il se faisait énormément de soucis et sa santé lui envoya des S.O.S. versus des ulcères d'estomac.

 

Cette phrase de Sundart aurait pu se réaliser dans son cas: "La maladie prouve notre insoumission aux lois cosmiques. C'est un péché qui résulte de tous les autres et nous conduit à la mort."

Ce ne fut pas facile pour Yves de quitter sa sécurité d'emploi, pour recommencer à zéro au privé. Cependant, il le prit comme étant un nouveau défi à relever et il a refait ses devoirs une fois de plus. Il faut dire qu'il a été choyé de travailler dans un collège privé de la région. C'était une institution à dimension humaine dirigée jusqu'en 1984, par des religieux. Il a bien apprécié de pouvoir partager ses 23 ans d'expérience avec d'autres personnes ayant un idéal semblable au sien, celui de faire grandir notre jeunesse et cela par une formation intégrale. Yves y a mis le paquet, comme on dit communément, il n'a pas calculé ses heures et il était de nouveau heureux d'avoir opté pour un travail en éducation.

 

Les autorités du Collège lui ont fait confiance, il n'en fallait pas plus pour décupler ses énergies. Il fut très gratifié de terminer sa carrière à temps plein, en juin '89, dans ce havre de paix. Dans ce milieu, il a pu à la fois miser sur ses acquis religieux et professionnels. Toutes les facettes de sa personnalité ont été mises à contribution.

 

En acceptant de vivre à plein ce que les autorités et ses compagnons et compagnes de travail lui suggéraient d'accomplir, il s'est découvert des talents insoupçonnés. Très honnêtement, il a pu durant ces onze années, à la fois vibrer sur les plans personnels, sociaux, humains et professionnels. Ce fut pour lui l'apothéose en ce qui concerne sa production en tant que rendement. Cette pensée de Tagore résume bien comment Yves percevait son travail au Collège: " Je dormais et je rêvais que la vie n'était que joie. Je m'éveillai et je vis que la vie n'était que servir. Je servis et je vis que servir était la joie."

 

Yves a réalisé que la confiance que l'on te démontre est la mesure de l'effort que tu investis dans une tâche que l'on te confie. Il peut dire, sans fausse humilité, qu'il a réussi non sans échecs partiels, à mettre à l'épreuve de façon raisonnable, toutes ses aspirations d'homme mature. Tout au cours de sa carrière, il a accepté plus souvent qu'à son tour, de participer à différentes formations de mise à jour, c'est probablement pour cela qu'il a pu demeurer dans la "parade " toutes ces années, sans se sentir dépassé par les événements.

Une cinquième rupture fut de nature d'abord de santé et par ricochet professionnelle. Cela se produisit en novembre '84, alors qu'il fait un premier infarctus. Yves admet avoir vécu des sentiments très spéciaux face à sa façon de travailler et de vivre. "Écoute ton corps" aurait été le remède préventif à plusieurs de ses problèmes de santé.

 

Pourtant, il disait à qui voulait bien l'entendre, "la nature ne pardonne pas". Naturellement, ce n'était que pour les autres. Ce n'est pas complètement par ignorance qu'il a commis cette grave erreur, celle de ne pas savoir ménager sa monture, en apprenant à mieux partager le travail et les loisirs. Il a été puni par où il avait péché, comme disaient les vieux du temps. Ici s'applique bien cette idée de J.-J. Rousseau: " Plus le corps est faible, plus il commande; plus il est fort, plus il obéit."

 

Tout est question d'attitude d'esprit. Tout est dans la modération, adage que son épouse se plaisait à lui répéter très souvent. Ce qui s'avérait vrai dans trois cas sur quatre, en ce qui le concernait.

 

Après deux longs mois de repos forcé, ce fut la reprise graduelle de son travail, tout en diminuant certaines activités, en ce qui a trait au bénévolat.

Autrement dit, Yves se devait d'apprendre à aller à l'essentiel. Selon son médecin, il fallait qu'il apprenne à dire non. Il avoue que ce ne fut pas facile. Souvent, il est moins pénible de dire presque toujours oui, que de devoir dire non de temps en temps, en établissant des priorités. Voilà le gros bon sens.

 

 

Albert Einstein a écrit: "Il est essentiel que l'étudiant acquière la science et le respect des valeurs. Il se doit de ressentir vivement ce qui est beau et moralement bon".

 

Renommée et tranquillité ne peuvent jamais partager le même lit.

Montaigne

 

Le travail c'est accomplir notre devoir; le loisir c'est faire ce que nous aimons.

Bernard Shaw

 

Quand un homme stupide fait quelque chose dont il a honte, il déclare toujours que c'est son devoir.

Bernard Shaw

 

Quand on n'a plus rien à soi, on se sent léger, libre, disponible à tout et à tous.

Padre Miguel

 

La plupart des gens sont heureux dans la mesure où ils se conditionnent à l'être.

Abraham Lincoln

 

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