B) Écrits à travers lesquels je me dis

 

Chapitre VI

 

 

Textes personnels de réflexion

 

 

L'art de tenir compte des autres

 

En vivant avec mes semblables, jeunes ou moins jeunes, parents enfants, enseignants élèves, patrons employés, je me dois de tenir compte de cette relation qui se veut meilleure.

 

Si tous et chacun, nous désirons que la vie soit le plus agréable possible, il faut que son vis-à-vis soit respecté, écouté, compris et considéré, dans le fond, comme on aimerait être traité.

 

Qui parmi nous n'est pas sensible à ce que l'on dit ou fait à notre sujet ?

Disons-nous que les autres ne sont pas bâtis autrement que nous.

 

C'est en ayant constamment à la mémoire, ce que je suis et en me plaçant à la place d'un copain, d'une copine, de mes parents, d'un membre du personnel du Collège, que je saurai comment je dois me comporter dans mon environnement quotidien.

 

On en revient toujours à ce vieux philosophe Socrate, dans son "Connais-toi toi-mêne" qui nous permet encore aujourd'hui de nous comporter en êtres non seulement civilisés, mais aimables.

 

"Si vous voulez avancer dans l'existence, ne vous contentez pas de faire simplement "du bon travail". Faites un "meilleur travail". Celui, qui cesse d'être meilleur, cesse d'être bon." (Olivier Cromwell)

"Ce qu'un homme donne par la parole ou par l'action lui sera rendu; ce qu'il donne, il le recevra. S'il sème la haine, il recevra la haine; s'il aime, il sera aimé en retour; s'il critique, il ne sera pas épargné à son tour; s'il ment, on lui mentira; et s'il triche, il sera volé." (Florence Scovel Shinn)

 

 

 

Tenir compte de ce que l'on est, pour bâtir ce que l'on veut.

 

La personnalité est tout ce qui fait que je suis moi-même. Physiquement, mentalement, je réagis et j'agis selon ce que me dicte mon entourage.

 

Ma famille aura de moins en moins d'emprise et d'influence sur mon comportement, à tous les points de vue.

 

De plus en plus, ce qui devrait me faire agir, me motiver, devrait partir de l'intérieur de moi-même. Je pense, je réfléchis, je sens, je veux ou je ne veux pas telle situation.

 

Ma conscience se développe, je me fais une échelle de valeurs et je suis en accord avec tout ce qui fait partie de moi. Renier ce que l'on est, ne facilite pas la connaissance de soi.

 

J'accepte de me regarder dans le miroir de ceux qui me conseillent et qui semblent être sincères pour vouloir mon plein épanouissement.

 

La compréhension de ma situation est une chose, l'action qui suivra en est une autre.

 

Désirer est le propre de l'être humain et cela correspond à un besoin. Tous les besoins ne sont pas aussi vitaux les uns que les autres. Il faut établir une hiérarchie dans nos priorités.

 

À l'adolescence, le physique et le sentiment prennent le dessus pendant que l'esprit et la volonté sont en abandon.

 

La réaction à ce phénomène est d'abord de l'accepter, puis dans un deuxième temps, de saisir l'importance de ne pas jouer à l'autruche.

Se faire à croire des choses est très tentant, accepter la réalité est parfois cruel.

Vouloir très fort que telle situation se règle, que telle qualité se développe, est le premier pas qui sera suivi de plusieurs autres, jusqu'à ce que tu sois capable de te prouver à toi-même que tu es quand même arrivé à te convaincre que tu peux quand tu veux.

 

Deuxième point dans cette découverte de soi et de son avenir, c'est d'avoir un idéal.

 

Combattre la tendance à se replier sur soi-même, à s'apitoyer sur son sort. Vouloir se débrouiller dans la vie et ne pas être un fardeau pour les autres.

 

Tout en étant un être humain, avec lequel il est intéressant de vivre, il verra à favoriser le mieux-être de ceux qui seront appelés à vivre dans son entourage.

 

Être fier de soi et ainsi communiquer aux autres, le secret de son bonheur est un idéal que tous devraient avoir, y compris toi-même.

 

Le choix des options pour le cours secondaire, pour le collégial ou pour l'université, devient un enfantillage, après que tu as bien saisi ce qui précède.

 

 

 

"Nos connaissances sont une goutte; notre ignorance, un océan."

(Isaac Newton)

 

"Le bon et le beau unissent les hommes. Le mal et le laid, les divisent."

(Léon Tolstoï)

 

 

Donne un sens à la Solidarité

 

Nous sommes, que nous le voulions ou non, solidaires les uns des autres.

Chaque action que nous posons appelle une réaction de la part des autres.

 

La façon dont tu agis envers les autres, te vaudra celle dont les autres se serviront à ton égard. Tous et chacun, nous avons besoin des uns et des autres.

 

L'appartenance à un groupe d'amis (es), au Collège, comporte des exigences et des avantages. Tu ne peux escompter les avantages sans respecter les exigences. C'est une loi de la nature.

 

Quand tu as donné ta parole dans le but de poser telle action en faveur d'un groupe, tu te dois, par respect pour ce groupe de tenir tes promesses.

 

Quand tu fais partie d'un ensemble comme le Collège X, tu devrais être fier que l'on te reconnaisse comme tel, surtout que les personnes extérieures se rendent compte que tu es différent (e) parce que faisant partie d'un groupe scolaire bien identifié, auquel tu contribues pour sa promotion et son excellence.

 

Tous (tes) ensemble, regardons dans la même direction et serrons-nous les coudes pour un présent et un futur engageant.

 

"O grand esprit, aide-moi à ne jamais juger autrui avant d'avoir marché quinze jours dans ses mocassins."

(Prière sioux)

 

"La vie ressemble à un livre: les sots le feuillettent, le sage le lit avec attention, car il sait qu'il ne le lira qu'une fois." (Jean Paul)

 

 

 Dissertation: Une fois de plus, j'ai réussi !

 

 

Parler d'espièglerie quand il s'agit des enfants, cette attitude me semble tout à fait normale, car qui dit enfant, dit espiègle. J'admets qu'il existe en espièglerie, comme dans tous les domaines, des nuances et des originalités.

 

L'espièglerie, entre neuf et douze ans, ne constitue pas un cas typique, tout à fait spécial. Mais en revoyant mon enfance, à l'âge que j'ai, je puis facilement concevoir que beaucoup d'enfants étaient moins éveillés que je l'étais et qu'un grand nombre d'autres faisaient preuve d'une plus grande subtilité que moi.

 

Lorsque j'étais très jeune, je n'aimais pas à me coucher très tôt. Je ne pouvais supporter de me mettre au lit avec les plus jeunes que moi, tandis que les plus vieux veillaient. Voilà le grand tourment de ma jeunesse. L'esprit éveillé dont je me savais porteur, m'a servi plus d'une fois, à réaliser mon désir: celui de retarder mon coucher. Parfois, je me disais, allons, attendons encore quelque temps, il n'y a pas assez longtemps depuis ma dernière tentative.

 

Il y avait aussi ma mère. Ma pauvre maman, comme elle a dû patienter à mon égard. Mais, je savais qu'elle me comprenait et surtout m'aimait, alors fort de ces deux atouts, j'escomptais en tirer profit de temps en temps.

 

Nous étions en été, exactement le 24 mai1944, j'étais alors âgé de 12 ans. Je n'ignorais pas que c'était en ce jour, la Dollard et que dans la soirée, un magnifique feu d'artifice aurait lieu dans la cour de récréation de l'Académie.

 

Depuis quelque temps, je semblais moins léger, du moins d'après moi, car je prévoyais une veillée pour le 24 au soir et je désirais réussir à tout prix. Dès le matin, je cherchai, s'il n'y avait pas quelques petits travaux à accomplir ici et là sur la propriété. J'aurais tondu le gazon, mais mon père avait exécuté ce travail deux jours auparavant.

 

Or, voilà qu'en revenant de la classe à quatre heures, je vis ma mère en train d'essuyer le plancher de la cuisine. Je lui demandai ce qui se passait, elle me répondit que le tuyau de la chambre de bain était brisé et que l'eau passait à travers le plancher. Je cours vite sur les lieux. Le plombier est déjà à l'oeuvre, mais il n'a pas l'air de bonne humeur; c'est qu'après une demi-heure de travail, il n'a pas encore pu trouver l'endroit exact d'où provenait l'eau.

 

Un peu après souper, vers les sept heures et demie, je remonte voir le monsieur. Il avait défait une bonne partie du plancher et enfin trouvé le bobo.

En me voyant, il m'apostrophe en me disant: " Va me chercher du ruban gommé, je vais en manquer." Tout fier, je dégringole l'escalier, j'avertis ma mère que j'allais en commission pour le plombier et sautant sur mon C.C.M., je file au magasin, naturellement pas le plus près, je voulais m'amuser un peu.

 

Vingt minutes plus tard, j'étais de retour. À ma grande surprise et ma joie, le plombier m'a demandé de l'aider à terminer ce travail, car il sentait la fatigue le gagner de plus en plus. Je ne me le fis pas dire deux fois et vite déjà les deux mains occupées, lorsque j'entends ma mère qui appelle mes petits frères et petites sœurs pour le coucher.

 

En passant devant la chambre de bain, ma mère me voyant sérieusement au travail n'osa pas me déranger.

Première victoire, je ne m'étais pas couché à la même heure que les jeunes. Restait maintenant à obtenir la permission d'aller au feu d'artifice.

 

Vers huit heures et demie, je descendais au salon, mon père était absent, je m'adresse à ma mère en ces termes: "Maman, je n'ai pu jouer après souper, j'ai travaillé là-haut, me permettriez-vous d'aller en bicyclette quelque temps. ? "

 

Connaissant le cœur de maman, je sentis venir une réponse favorable. "Va, mon fils, mais ne reviens pas trop tard. Tu sais, si ton père était ici, il ne te laisserait pas sortir. " "Merci maman.", lui répondis-je. Et vite vers l'Académie, je n'avais pas une minute à perdre, car je ne voulais pas manquer l'objet de ma sortie.

 

Vers neuf heures et demie, j'étais de retour, mon père m'attendait. Aussitôt qu'il me vit entrer, il me dit: "Mon gars, à l'heure qu'il est, tu devrais être au lit depuis longtemps. On en reparlera demain, en attendant, monte te coucher immédiatement." J'aurais bien voulu ajouter quelques mots pour lui dire que maman m'avait accordé la permission de sortir, mais connaissant mon père, je savais qu'il était préférable de ne rien dire.

 

Tout en montant à ma chambre, j'entendis ma mère qui prenait ma défense:" Tu sais, ton fils n'est pas un mauvais enfant, il faut bien fermer les yeux de temps en temps et lui pardonner ses petites espiègleries. Rappelle-toi ta jeunesse et vois si tu ne lui ressemblais pas un peu, même beaucoup.

 

Ayant écouté ces paroles, je me sentis un peu soulagé, car je craignais le fameux lendemain. C'était bien le cas de le dire, "Ce n'est pas toujours fête" ou bien, "Les fêtes ont toujours un lendemain, parfois pénible."

 

Tout de même, je n'étais pas un gars à m'entretenir de ces pensées, d'ailleurs le sommeil vint vite m'emporter dans les nuées où je me croyais un ange et prêt à une autre tentative du genre à l'occasion.

 

Remarque du professeur: "Jolie espièglerie racontée avec beaucoup de vraisemblance et une ingénuité retrouvée sinon jamais perdue..."

 

 

 

C'est un départ !

 

 

À vos marques, partez !

 

Le vent souffle dans différentes directions, à nous de nous placer dans le sens qu'il nous est favorable.

 

Ainsi, je ferai des efforts constants et j'aurai un désir sincère de réussir différents projets: mes études, mon implication dans la vie scolaire et parascolaire, mon attrait pour créer de nouvelles amitiés, etc.

 

Je me prouverai d'abord à moi-même et puis à ceux et celles qui m'entourent, que le succès sourit aux personnes audacieuses.

 

Partez et voguez sur les flots, plus ou moins tumultueux, de l'année scolaire 1987 -88, étant rassurés, par des navigateurs de tous les genres: jeunes et moins jeunes, dynamiques et intrépides, remplis de bonne volonté et expérimentés, qui ont un but commun: celui d'être avec chacun et chacune d'entre vous, les coauteurs de votre formation humaine, spirituelle, sociale et intellectuelle.

 

Nous nous souhaitons une excellente année scolaire.

 

Qu'elle soit marquée du sceau du dépassement.

 

 

"Le sommet de toute grandeur s'appelle bonté."

Michel-Ange)

 

 

"Ce n'est pas la vérité que l'homme croit posséder, mais l'effort qu'il lui a fallu pour la découvrir qui donne la valeur."

(G.E. Lessing)

 

 

Le pensionnaire et l'externe 1954

 

 

La scène se passe dans une petite ville, à l'époque des Fêtes de Noël et du Jour de l'An.

Jules, pensionnaire au séminaire, est en permission parmi les siens. Par un bel après-midi, Jules rencontre Paul, son ami qui fréquente l'Académie des Frères. Immédiatement la conversation s'engage, ils ont beaucoup à se dire, car il y a presque quatre mois qu'ils ne se sont pas rencontrés.

 

-Salut Paul, comment te portes-tu ? Celui-ci de répondre -Pas trop mal, comme tu peux le voir. - En effet, tu sembles bien portant, tu es toujours bien joufflu, et si je ne me trompe, il me semble que tu as grandi et surtout engraissé. Paul, tout fier, ajouta: - Comme tu peux t'en rendre compte, Jules, ton ami mène une vie qui ne lui fait pas trop de misères. Mais il ne tiendra qu'à toi de partager un sort aussi heureux. Jules ne sachant trop que répondre répliqua: - Je ne vois pas comment je pourrais améliorer ma situation.

 

Paul saisissant une occasion depuis longtemps convoitée, celle de détourner son ami du collège, car il voulait le garder auprès de lui, dit: - Quitte donc le séminaire, ainsi tu pourras comme moi jouir d'une plus grande liberté. II me semble que ça doit être dur de s'astreindre à suivre un règlement, surtout un comme le tien. Lever tôt, coucher tôt, seulement ces deux points suffisent pour me prouver que tu dois être très malheureux, là-bas, emprisonné entre quatre murs. Il faut que tu sois à tel poste à telle heure, et c'est de même les dix mois de l'année scolaire. Que tu dois être heureux de revenir aux grandes vacances ! Pourquoi se renfermer ainsi, et se rendre malheureux ? Tu ne peux pas sortir quand tu le désires; aux repas, tu dois te contenter de ce que l'on te sert. En un mot, ce n'est pas une vie pour quelqu'un qui a droit de jouir de sa liberté et d'agir à ses aises.

 

Jules après avoir écouté son ami, revient comme d'un songe et lui dit: - Oui, c'est bien beau tout cela mon Paul, mais si je laisse mon collège, que ferais-je ensuite ? Paul répondit: - Tu n'auras qu'à faire comme moi, aller à l'école encore trois ou quatre ans et ensuite, tu pourrais t'engager quelque part et gagner de l'argent, tout en jouissant de tous les avantages que t'offre un tel genre de vie. Alors qu'en penses-tu ? Tu ne réponds pas.

 

- C'est que voici, Paul, il me semble que tu vas un peu vite en affaire. C'est bien beau jouir de sa liberté, mener une vie douce et facile, mais as-tu déjà pensé sérieusement à ton avenir ? - Mais, oui, répondit Paul, puisque je t'ai dit que l'école terminée, je travaillerais pour gagner de l'argent.

 

Jules de plus en plus sérieux continue. - oui, mais, crois-tu que c'est la meilleure façon d'envisager le sort de sa vie ? Paul de répondre - Non, mais ce n'est tout de même pas trop pire. Bien décidé, Jules reprit. - Et bien non, je refuse de suivre ton pernicieux conseil. Je préfère poursuivre mes études au séminaire encore six ans, puis sortir avec de beaux diplômes qui me permettront de me placer très honorablement, au lieu de jouir le plus possible de tout ce qui te paraît le vrai bonheur. Laisse-moi te dire que tu te trompes, et que de tous tes supposés avantages, je n'en veux rien !

 

Sur ces mots, Jules laissa son ami et s'en retourna à son foyer, content d'avoir remporté une si brillante victoire et bien résolu de retourner au séminaire, malgré les grandes attirances que lui offrait la vie parmi les siens.

 

 

Communication

 

 

Pourquoi existe-t-il une difficulté certaine de communication entre les êtres humains, qu'il s'agisse d'adultes entre eux, d'adolescents entre adolescents ou d'adultes vis-à-vis les adolescents ?

 

La question se pose quand on ose se regarder soi-même et regarder autour de soi, surtout si le malaise est perceptible à l'oeil nu. Beaucoup de personnes en souffrent, plusieurs autres se doutent qu'il y a un problème, mais, parce qu'il y a un mais qui vient rendre la réponse plus difficile, à la plupart des personnes, sauf à celles qui vraiment sont sensibilisées aux relations humaines, cette réponse est dépendante de notre attitude vis-à-vis des autres.

 

Il faudrait voir ce que moi, personnellement, je puis faire ou changer, avant de poser comme condition, ce que l'autre devrait modifier, dire ou ne pas dire, afin que la communication soit plus positive ou tout simplement, pour que la ligne soit disponible au moment où l'un aura besoin de l'autre. Quand l'un aurait quelque chose à dire, il faudrait que l'autre soit là pour l'écouter.

 

En fait, c'est de pratiquer chacun son tour: "L'écoute active": clef de la communication.

 

"Le véritable art de vendre, que ce soit soi-même ou ses produits, consiste à convaincre par la parole une personne, ou un groupe ou une nation, de faire quelque chose qu'elle ne veut pas faire et d'arriver à le lui faire aimer." (Dr Albert Edward Wiggam)

 

 

 

"Les petits ruisseaux font les grandes rivières"

 

Ce dicton sera toujours vrai. Qu'il s'agisse d'une entreprise quelconque, d'un métier, des études, tout se poursuit et se réalise petit à petit. Ce n'est qu'effort après effort qu'on arrive à la réalisation de ses désirs.

 

De tout temps, hier comme aujourd'hui, et comme demain, le succès ne sourira qu'à celui qui saura mettre de son côté la peine, afin qu'elle donne son plein rendement.

 

L'art est long et ce n'est que l'artiste bien décidé à y consacrer tout son temps qui réussira à faire des chefs-d'oeuvre, fruits d'un labeur constant, minutieux et parfois fastidieux.

 

La nature même suit cette règle. Si de bonne heure au printemps, vous vous rendez sur une montagne voisine de votre ville, vous assisterez à une activité toujours croissante. Le soleil avec ses brûlants rayons fait fondre la neige qui couvre ce haut sommet. De toute part, d'innombrables petits filets d'argent se mettent en branle et entraînés dans une course qui ne finira jamais, ils suivent la pente parfois douce, parfois escarpée. Si vous descendez tant soit peu, les minces filets se sont vite accrus en des courants d'eau assez volumineux. Entraînés les uns par les autres, ils se fusionnent et forment de vrais torrents. Tantôt ils se brisent avec fracas sur de grosses pierres et laissent voir une écume abondante. Ces masses d'eau déjà considérables ont vite fait de grossir les ruisseaux qui serpentent dans les vallons pour en faire de véritables rivières. Là, nous aurions peine à reconnaître nos petits courants d'eau du faîte de la montagne. Mais reconnaissons-le, sans eux, pas de filets d'argent, pas plus de courants d'eau, encore moins des torrents, et aussi pas de ruisseaux ni de rivières. Ces petits filets d'eau, si petits soient-ils, sont donc la cause, sinon naissante du moins croissante de nos rivières. Il n'est pas nécessaire de reconnaître chaque petit cours d'eau dans une rivière, pour savoir qu'ils ont ajouté à sa masse d'eau. Pas plus qu'il n'est besoin à l'enfant de mettre son doigt dans le feu pour apprendre que celui-ci brûle.

 

L'homme qui possède la nature humaine adoptera donc cette norme du peu à peu, du petit à petit. Tout jeune l'enfant fréquente l'école: de l'abc, il passe à la lecture, d'année en année il montera de degrés. Et ce n'est qu'après plusieurs années de scolarité, et par conséquent après une quantité innombrable d'heures de travail et d'étude qu'il arrachera à la science, le secret du savoir. Encore celui-ci sera-t-il assez restreint, même après une douzaine d'années d'efforts soutenus.

 

C'est l'automne. De bon matin, notre fermier a vite attelé son "gris", pour aller labourer son champ. Il travaillera tout le jour et à la fin de la journée, il n'apparaîtra qu'une mince portion sur le champ. Mais, jour après jour, sillon après sillon, le labour avancera. Après quelques semaines, nous ne verrons qu'une immense pièce de terre rayée parallèlement par des centaines et des centaines de sillons uniformes. Il y a loin de la première motte de terre renversée aux interminables raies bien droites.

 

Il suffit d'ouvrir quelques livres pour se rendre compte, que plusieurs de ceux qui ont laissé une fortune respectable ont eu l'heureuse habitude d'épargner leur modeste somme d'argent sou par sou. Salaire hebdomadaire bien employé, avec quelque argent mis de côté, si les conditions de vie le permettent; petits plaisirs, par-ci par-là, refusés; et voilà que les économies augmentent sans qu'on s'en aperçoive trop. Ce n'est pas en criant fortune que nous la posséderons. Il ne suffit pas non plus de faire comme si on était riche pour vivre avec aisance. Comme pour toute chose, il faut prendre les moyens, et puisqu'aucun artiste n'arrive à la fin d'une oeuvre, s'il n'a d'abord commencé, ainsi quelques menues épargnes nous aideront à réaliser nos désirs de fortune.

 

Tous, qui que nous soyons, devons devenir des saints. La sainteté n'est pas oeuvre d'un jour. Notre-Seigneur nous prévient en disant:"Si vous êtes fidèles dans les petites choses, vous le serez dans les grandes." Alors qu'est-ce à dire sinon, que la sainteté est une grande chose et que seul celui qui accepte d'en faire de petites pourra l'atteindre. Mais ces petites choses dont parle le Seigneur, ne sont-ce pas ces petits riens de tous les jours, qui jonchent le chemin de la vie humaine. Petit ascète de renoncement de sa volonté propre aujourd'hui, petit service rendu à celui-là demain, effort soutenu durant tel ou tel exercice de piété, voilà tout autant de petites choses, qui réunies, formeront l'idéal fixé: la sainteté que Dieu voulait de nous, celle que nous nous serons faite avec nos efforts quotidiens.

 

Cette pensée nous montre avec évidence que le plus petit travail, le moindre effort que l'on accepte de réaliser, nous achemine vers un haut sommet, qu'on pourrait appeler la récompense des menus détails d'une vie humaine. Il s'ensuit donc que nous devons prendre courage en face de telle difficulté à vaincre, devant un effort à faire, car l'acte que nous poserons, si petit est-il, aura une grande répercussion sur toute notre vie.

 

 

"Dans le monde d'aujourd'hui, on confond liberté avec absence de toute retenue, alors que la vraie liberté ne réside qu'en le triomphe sur soi-même par la volonté." (F.M. Dostoïevskl)

 

Je nous interroge

 

Avons-nous souvent pensé

Que nous pourrions agir

Dans le sens que nous désirons

En voulant nous décider ?

 

Avons-nous remarqué

Que beaucoup trop de gens

Ne sont jamais contents

Et souvent maugréent ?

 

Nous, avons-nous su

Que nous pourrions

Devenir ce que nous sommes

Après y avoir bien cru ?

 

Nous voulons réaliser

Un rêve de toujours:

Celui enfin, d'aimer

Tous ceux et celles qui nous entourent.

 

Oui, nous donnerons

Quand nous le pourrons,

Un coup de main

À notre frangin (e).

 

 

"Savoir moins et aimer plus est plus louable que de savoir plus et de ne pas aimer."

(Érasme de Rotterdam)

 

 

Dissertation pédagogique

 

Démontrons que le renouveau pédagogique, généralement appelé "École active " qui veut faire de l'enfant l'artisan de sa propre formation, doit se fonder sur l'activité personnelle de l'élève, sur sa psychologie et sur son intérêt.

 

L'éducation n'est pas un dressage. Amener l'enfant à trouver par lui-même les choses qu'on désire qu'il apprenne, c'est là toute la méthode active. L'enfant doit être laissé le plus possible à lui-même, le maître doit se contenter de discerner ses intérêts pour les orienter, de s'adapter aux dimensions de l'élève, de guider sa marche. Le vrai maître connaît ses limites et respecte la liberté de l'enfant, tout en se rappelant qu'il est là pour l'instruire, le former, faciliter les conditions dans lesquelles se fera l'éducation de son pupille.

 

L'enfant aime la vie, le mouvement. Pourquoi vouloir contrarier son activité physique, l'immobiliser, ce qui est chose impossible. Il tient à savoir le comment et le pourquoi des choses. Que vient faire le maître en brimant la curiosité intellectuelle de l'enfant, en lui imposant des abstractions. Toutes tendances que l'enfant apporte en classe, sont autant de forces et d'énergies qui éclosent chez lui; reste à leur donner la bonne direction, à les canaliser pour qu'elles servent uniquement au développement complet de l'élève. D'où la nécessité des programmes d'études, des méthodes d'enseignement, des centres d'intérêt. L'élève est l'artisan de sa propre formation. La pédagogie moderne tend à donner à l'élève le goût du travail personnel, du travail en profondeur. L'enfant doit apprendre à penser par lui-même et découvrir par son propre effort. Le travail de recherches et d'observations, l'élève doit le faire seul, sous la direction et le contrôle du maître. De passif qu'il était, l'élève devient actif.

 

L'école nouvelle vise bien plus à former des têtes bien faites plutôt que bien pleines. Le maître est moins esclave du programme. Il choisit ce qui d'après lui et d'après le degré de développement de ses élèves, leur sera le plus profitable. Il voit moins de matière, mais plus en profondeur. La méthode d'enseignement est beaucoup plus dans la formation intellectuelle de l'enfant. Selon la méthode que le maître emploie, il se rapproche ou s'éloigne de la fin de son enseignement. L'enfant suivra dans sa manière de travailler la méthode qu'on lui aura apprise, d'où l'importance que cette méthode soit bonne, juste et surtout logique. Très souvent la manière d'apprendre, dit-on, importe plus que la matière à apprendre.

 

L'enfant doit collaborer aux efforts du maître, questionner, parler, s'assimiler par l'effort la matière enseignée. "Rien n'entre dans l'intelligence sans passer d'abord par les sens ". Là où il y a plus de sens qui entrent en jeu, plus de facilité, plus de possibilités d'apprendre et de retenir sont données à l'élève; c'est le but des méthodes actives. Le professeur doit s'ingénier pour inventer des moyens concrets afin de faire comprendre des choses abstraites, ce qui est particulièrement difficile aux enfants.

 

Dans l'enseignement, il faut tenir compte des possibilités, des aptitudes de l'enfant. Une bonne étude psychologique de l'âme enfantine s'impose au jeune maître, s'il veut comprendre les besoins de ses élèves et tirer profit le plus possible de leurs talents. Pour mieux instruire l'enfant, il faut le connaître lui-même et son milieu. L'éducateur s'ingéniera donc à dépister chez ses élèves, leurs tendances naturelles, leurs dispositions, et agira en conséquence pour que ceux-ci deviennent des compétences.

 

Le professeur n'adaptera pas l'élève à l'enseignement comme autrefois. La pédagogie moderne fait grand cas de l'enfant, elle en fait le centre de ses recherches. Il exigera donc selon les possibilités, les aptitudes de ses élèves. Une constante adaptation est requise, puisque l'enfant est dans un perpétuel changement. En plus d'être adapté aux élèves, l'enseignement doit être mesuré d'après chaque élève en particulier. L'école active cherche à se faire intéressante. L'élève qui travaille bien en classe trouve une satisfaction intellectuelle, je dirais même une certaine satisfaction de ses tendances naturelles. Le professeur profitera des goûts de l'enfant, de ses instincts, dans le but de fomenter son activité. Ainsi, l'intérêt que l'élève trouvera dans la réalisation de ses désirs intellectuels, l'invitera à l'effort continu et lui inculquera l'amour, la passion du travail ardu et profond.

 

L'intérêt joue un grand rôle dans l'éducation. Le professeur peut imprégner sa classe de l'atmosphère qu'il désire. Du maître dépend en majeure partie, si la classe est monotone ou attrayante. Qui dit enfant, jeunes élèves, dit: gaîté, activité, légèreté. La sagesse du maître consistera à savoir tirer profit de toutes ces ressources qui sont très bonnes en soi. Bacon a dit fort sagement: " Pour agir sur la nature, il faut savoir obéir à ses lois."

 

L'intérêt loin de supprimer l'effort, le rend moins intense et conserve l'énergie pour d'autres tâches plus difficiles. L'attention est un des plus grands facteurs dans l'efficience mentale. S'il n'existe aucun intérêt, il ne se trouvera aucune attention. II s'ensuit nécessairement que l'intérêt que le maître présente à ses élèves changera selon l'évolution mentale de l'enfant. Aux intérêts sensoriels, perceptifs, moteurs, égocentriques suivent les intérêts objectifs, intellectuels, sociaux et moraux.

 

"L'intérêt présent, dit Rousseau, voilà le grand mobile, le seul qui mène sûrement et loin." Il s'agit donc de faire éprouver à l'enfant combien, il est utile de savoir lire, écrire, etc. L'intérêt pousse, stimule l'enfant pourvu que le but ne soit pas trop loin et que les résultats ne tardent pas à venir.

 

De tout ce qui précède, nous pouvons conclure qu'à l'école active, le travail fourni par l'élève est plus spontané et plus fécond.

 

La question pour un couple: "Comment t'aimer assez bien pour que tu deviennes de plus en plus toi-même en vivant avec moi au long des jours. "

M. Champagne-Gilbert

 

Quand j'en suis venue à me voir comme un instrument de Dieu, j'ai cessé de m'inquiéter des gaffes possibles que je pouvais faire.

Doris Day

 

Certains hommes voient les choses telles qu'elles sont et disent: "Pourquoi ? Moi, je rêve de choses qui n'ont jamais existé et je dis: Pourqoi pas ?"

Robert Kennedy

 

Je dis que le tombeau qui, sur les morts, se ferme, ouvre le firmament, et que ce, qu'ici-bas, nous prenons pour le terme est le commencement

Jn-Ls Victor

 

L'homme est un voyageur qui a oublié le but de son voyage et qui doit retourner d'où il vient pour savoir où il va...

Chesterton

 

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