textes de Louise Desaulniers
Au seuil du visible
Série entre-deux #9, 1979
Sans titre, dessin, 1982
Rêveries poétiques, 1978-1983
![]() Dulcissme, totam tibi subto me, crayon et encre, 1982
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Énoncer le néant, 1984-1991L'auteur délaisse la division de la surface, réintroduisant le personnage dans un espace où des effets de transparence, de profondeur et de mouvements établissent des liens entre la gestuelle et le malaise plus évident du sujet. Celui-ci est maintenant enveloppé d'une toile qui le moule étroitement, ne laissant entrevoir que des parties de lui-même. Le contraste de la blancheur du tissu avec l'environnement foncé oblige le regardeur à s'attarder au personnage. L'espace animé dans lequel il baigne transmet une insécurité, voire une agression. Aucune référence à une réalité concrète n'est donnée concentrant l'attention sur le personnage.
Hors du temps, hors de l'espace, il est replié sur lui-même, s'enfermant dans son univers. Le discours s'élabore non pas seulement en un propos sur la solitude, mais sur un malaise, une peine, un mal de vivre. Ce corps, méconnaissable, énonce à la fois une forte douleur et la fin d'une vie. Couché, enveloppé d'un linceul, cristallisé dans le temps, il évoque le sort inhérent de tout être vivant, devenant un symbole universel. Le regard que l'on porte sur les oeuvres, à l'opposé de celui dirigé sur la mort médiatisée, implique le spectateur. Cette identification s'opère par l'absence d'une cause qui permettrait de se situer et de s'en distancer. L'être fantomatique, se dérobant sous les replis de l'étoffe, simule un corps mort, drapé dans un linceul mais le décès n'est pas encore survenu; il est éventuel. L'illustration de la mort par Langevin ne s'effectue pas par la représentation d'un être qui semble sommeiller mais par le fait que le sujet semble réfléchir à sa propre mort. L'image projette celle d'un individu troublé par cette idée, s'écartant lui-même du monde des vivants.
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