Avant-propos
Je ne suis pas misogyne, j’en ai contre la déraison, que je combats
ici sur
le front féministe. Quel mâle s’y risquerait ?
Je suis mieux placée pour
le faire. (p. 7)
De la déraison féministe
Les femmes n'ont pas le monopole de la déraison....Reste que
ces dames ne
donnent pas leur place quand vient le temps de dérailler et
que leurs
institutions victimes se trouvent à être au nombre des
plus vitales.
Côté déraison, on a déjà
récolté la "discrimination systémique" et
"l'accès à l'égalité".... (p. 17)
La purification sexiste
Le rapport Bird déplorait que la femme soit souvent considérée
comme une
femme d’abord, comme un être humain ensuite, et il mettait en
garde contre
la tentation de créer un monde féminin au lieu de veiller
à ce que la femme
soit acceptée à part entière dans le monde actuel.
Le féminisme allait
immanquablement s’engager sur une fausse piste semblable....
les grandes
ténors y substituent un sexisme radical où le monde sera
appréhendé « en
tant que femme » et où les femmes seront dépossédées
de leur beau titre d’
homme.
Le combat contre les stéréotypes sexistes a reçu
son coup d’envoi lors du
célèbre épisode des Yvettes, en 1980...
Yvette n’en a pas moins poursuivi
sa carrière au ministère de l’Éducation :
désormais, aucun manuel ne serait
approuvé sans être passé par la purification sexiste...Enseigner
aux filles
à « enlever le masque du ‘lecteur universel’ pour commencer
à lire en tant
que femme » revient à les inciter à déserter
le terrain de la raison.
....Sont-ce de tout autres féministes qui ont imposé
le sexisme
linguistique ? qui attribuent aux femmes toute une kyrielle de belles
vertus
susceptibles d’humaniser la vie en société notamment
la non-compétitivité
dans le travail ? qui décrètent androcentrique
le Savoir universel transmis
par l’école ?
Règle générale, le discours féministe manque
de discernement, confondant la
catégorie sociale des femmes avec un groupe, la différence
et la
discrimination, le collectif et l'individuel, les statistiques avec
les
droits, la biologie avec la grammaire et le psychique avec le social,
etc..
Sauf exception, ce discours est irrecevable. Reste à savoir
si le mouvement
lui-même a encore sa raison d’être....
La notion politique la plus fréquemment utilisée depuis
quinze ans,
rapporte le sociologue, est celle d’ « équité »...
Le discours féministe n’
a pas manqué de s’envelopper dans cette notion, notamment pour
les
revendications d’ « équité salariale »...
Sauf qu’à défaut de principe,
donc de critère, toutes sortes de privilèges abusifs
peuvent venir s’
engouffrer sous l’étendard accueillant de l’ « équité
»... La dite équité n’
est qu’une « expression plus attirante » pour nous resservir
à la sauce de
la « discrimination » les pontifes de la pédagogie
thérapeutique
contemporaine. (p.34)
L'ANTIFÉMINISTE, Nicole Gagnon, Stanké, Québec, 1998
(à suivre)