La pensée unique et simplificatrice du Québec veut que tous les services offerts le soient d’une façon juste pour tous. Ce qui, en vertu de cette pensée, veut dire des pantalons de même taille pour tous. Tant pis pour les grands qui n’y pourront entré, et tant pis pour les petits y seront ‘perdus’.
Ce grand principe de justice est largement appliqué dans le système éducatif. Cela protèges tous les employés de l’état et des commissions scolaires qui n’ont à répondre, non plus de leur intelligence, de leur compréhension ou de leur sagesse, mais de leur application étroite des lois et règlements en vigueur.
Les dissidents et les protestataires n’ont qu’à bien se tenir. S’ils sont insatisfaits, mécontents ou en désaccord. Ils se heurteront à un fonctionnaire robot qui leur répondra qu’il suit le règlement à la lettre, et que par conséquent il est irréprochable, même si ce qu’il est en train de faire est complètement stupide.
Et c’est dans cet univers de l’incompétence érigé en système que doivent survivre nos jeunes
Pour les besoins de la présente discussion, divisons les enfants en trois groupes : les enfants normalement doués intellectuellement, les sous-doués et les surdoués…Supposons également que les groupes de sur et sous doués constituent respectivement 5% de la population scolaire (en fait 2% des enfants ont plus de 120 de IQ).
Voyons comment l’école réponds à cet état de fait.
Les sous-doués
Première constatation, bien que les sous-doués ne constituent qu’une minorité, ils accaparent une grande partie des ressources non reliées directement à la pédagogie proprement dite : les psy de tout acabit, les pédagogues, les experts ou pseudo experts tentent tous de venir en aide à cette tranche de la population qui n’a de toute façon que peu ou pas de chance de réussite scolaire.
Les autres, et particulièrement les sur-doués n’ont presque rien.
C’est donc dire, que chez nous, les enfants qui ont le plus de potentiel pour construire un avenir meilleur sont sans ressource importante.
Ce qui importe chez nous c’est que les cancres soient bien servis!
Le résultat de cet investissement massif est surprenant : de cancres heureux, nos cancres passent petit à petit à la situation de losers permanents, et ensuite, de la déprime à la tendance suicidaire.
Peut-être est-ce la façon que nos savants dirigeants ont trouvée de se débarrasser des sous-douées : les pousser aux suicides. Je ne crois pas à cette théories, non parce qu’elle serait cruelle et répréhensible, mais parce que je refuse de croire que notre système d’éducation puisse avoir une direction, une philosophie quelle qu’elle soit!
La pensée unique n’a qu’une sorte de pantalon pour tous et les cancres de l’école ne peuvent envisager une autre avenue que l’école ordinaire, le moule commun, le chemin public
Ils doivent, même s’ils y perdent leur âme, passer par l’intellectualisation.
Ils seront toujours des losers tant et aussi longtemps qu’on a de valeur que si on sait conjuguer le verbe perdre au subjonctif.
Ils seront des losers même s’ils ont un talent fou en musique, en peinture ou en menuiserie.
Ils seront des losers même s’ils adorent les opérations manuelles, les métiers de la construction, le ramassage des vidanges domestiques.
Ils seront des losers même s’ils ont la bosse des affaires et des transactions financière.
Ils seront des losers même s’ils ont un cœur d’or qui leur permettrait d’être des intervenants sociaux de grande qualité.
Et à l’adolescence, ils seront totalement certain de leur nullité, qu’ils seront candidats au suicide au pire, et abonné à vie au BS au mieux
Le système scolaire réussit ce tour de force, avec ou malgré, le tas de ressources mis à la disposition de ces mal adaptés de l’intellectualisation à outrance. Le système réussi ce tour de force en faisant fi d’une réalité visible comme le nez dans la face : il n’y a qu’environ 40% des humains qui sont intellectuels, les autres sont des manuels ou en d’autre mots la majorité des humains ne peuvent saisir la réalité, ne peuvent la comprendre, la modifier, la construire que s’ils la voit, la touche…
Et c’est ainsi que des tas d’enfants, qu’on devrait considérer comme doués sont relégués à la médiocrité, à la situation de sous-homme, de losers.
On réussit ce tour de force en évitant bien de regarder notre société actuelle, ou une vaste majorité d’entrepreneurs, de constructeurs d’empire, ne sont que peu ou pas scolarisés, n’ont été à l’école que ‘sous les dégoutières’
En évitant de voir le monde de l’entreprise privée où les plus scolarisé n’arrivent généralement qu’à être des salariés ou des contracteurs pour les non-scolarisés…
En évitant de regarder l’avenir technologique de notre société où les ordinateurs écriront pour nous les dictés, feront les calculs, et toutes les opérations de gestions…Ou l’homme n’aura comme fonction que de décider…ou la scolarisation telle que prôner par la pensée unique ne sera qu’une culture, comme l’était l’étude du latin et du grec…
En refusant de croire qu’il y a plus de grandeur pour l’homme à tailler une simple pierre, à construire de ses mains un mur de briques, qu’à calculer la position exacte de la troisième étoile d’une galaxie lointaine…qu’il y a plus de gloire à donner de l’amour à un enfant pour en faire un homme qu’à plaider devant un tribunal trop souvent sourd et aveugle les droits de la corporation xyz sur les trois pieds de terrain qu’elle réclame de la municipalité, qu’à avoir dans sa tête trente trois mille volumes de psychologie qu’on récite pendant que son enfant se languit dans une garderie
Les sur-doués
Pour notre système à une seule vitesse, à pantalon à taille unique, les sur-doués n’existe pas.
Bien que les enfants qui ont plus de 120 de quotient intellectuel comptent pour plus ou moins 2% de la population scolaire, on n’en dénombre aucun dans nos écoles, ce qui justifie pour les fonctionnaires simplificateurs une raison évidente de ne rien faire pour cette tranche des élèves qui ont le plus de valeur, qui ont le plus de potentiel , qui serait le triomphe de l ‘ intellectualisation sine qua non qu’ils prônent.
Les sur-doués, prisonniers d’une système scolaire trop étroit, deviennent vite transparents. Pour avoir la paix dans leur groupe, ils épousent le plus souvent les comportements des sous-doués et font des efforts pour paraître ne pas trop savoir ce qu’on leur demande. De cette façon, ils n’ont pas à subir le sarcasme de leurs professeurs apeurés par le fait que ces jeunots pourraient les remettre en question sans façon et avec le sans gêne propre à la jeunesse.
Ils achètent la paix au prix d’une infini perte de temps et de potentiel.
Ils s’ennuient souvent et font multes fois alliance avec les sous-doués et les mésadaptés qui ont du temps à revendre puisque de toute façon ils ne suivent pas la leçon,. Ils sont très souvent regroupés par les autorités avec les élèves récalcitrants au même titre que s’ils ne comprenaient rien. D’autres, trouvent dans le rêve éveillé une porte de sortie pratique, et quand , après quelques minutes d’explication du professeur, ils ont compris, ils disparaissent du groupe et ne dérangent personne, ce qui fait bien l’affaire de l’enseignant qui fait semblant de n’avoir rien perçu.
Et là, ils attendent patiemment que ça finisse.
C’est ainsi qu’on les retrouvent adulte, trop souvent dans des emplois minables : ils ont appris comment attendre que la journée de ce travail minable se termine pour se retrouver dans leur vrai univers, celui de la réflexion, de la logique, ou , par expérience, ils savent qu’il ne doivent faire entrer personne.
Ils comprennent, que dans leur société , le seul pantalon qu’on leur permet de porter est trop petit, et ils apprennent à vivre en marge…
Et ce grand potentiel demeure à jamais pour la société qui les entoure, un grand potentiel…
Et les autres…
La pensée unique considère les enfants au même titre que les animaux domestiques, qui soudainement, un jour, comme par miracle, deviennent adultes.
Il n’y a donc pas grand chose que l’ont doive faire pour eux, et après avoir été abandonnés par leur parents en garderie jusqu’à 4 ans, ils seront jeter dans le système scolaire, en attendant de devenir adulte.
Le système scolaire, qui relève de la même pensée, prend donc la relève, et c’est ainsi qu’on voit dans les publications du ministère des textes justificateurs de l’incompétence, nous dire qu’un enfant ne peut pas lire et comprendre ce qu’il lit avant sept ans, qu’il est avant 5 ans essentiellement ludique, etc. etc.…que la douance n’existe pas, c’est ainsi que la présidente du syndicat des professeurs imposer à la ministre de l’éducation un veto sur les classes pour sur-doués ..
Dans cette vision des choses, nos savants fonctionnaires cherchent année après année, de nouvelles méthodes d’éducation qui permettraient aux enfants d’apprendre sans effort, sans réflexion, une matière pédagogique sans lien réel avec la réalité contemporaine ou la réalité de leur vie quotidienne.
Des enfants qui font bonne an mal an, le tour de la terre en autobus jaunes…et qui finalement n’ont qu’environ 15 heures d’école utile par semaine, et ce, à raison de 30 ou 40 par groupe.
Bouffé par l’ensemble des fonctionnaires qui gèrent le système, le financement dévolu aux enfants diminue année après année, alors même que les dépenses de l’éducation ne cessent de croître. Il n’y a, bien sûr pas d’argent dans les écoles primaires pour des équipements informatiques, mais suffisamment de sous pour faire vivre grassement 3 ou 4 secrétaires, un directeur et son sous-fifre, un concierge et le reste. Enterrés sous cette armée de fonctionnaires-inventeurs de méthodes nouvelles, les professeurs ne peuvent plus enseigner, ils ne peuvent que tenter de survivre pris entre les parents qui exigent d’eux qu’ils fassent l’éducation qu’ils n’ont pas le temps de faire eux-mêmes, et les fonctionnaires exigeants de plus en plus de formulaires, de plus en plus de statistiques, imposant de plus en plus de travail non pédagogique, laissant peu ou pas de place aux initiatives.
Et vogue la galère…plus d’argent, moins d’heure de cour, plus
de méthode d’enseignement de tout acabit et moins d’initiative de
la part des profs…qui en retour, de plus en plus loin du métier
qu’ils voudraient exercer réclament plus de salaire, de meilleures
conditions …pour oublier qu’ils ne sont plus que les bras du système…
Les jeunes sortent ainsi de l’école, incapables de faire fonctionner
correctement un ordinateur, incapables d’écrire correctement leur
langue maternelle, incapables de lire correctement un contrat et d’en comprendre
le sens, incapables de gérer correctement leurs finances personnelles…ne
comprenant rien au système capitaliste qui les exploitera, piégés
dans une jungle qu’ils ne connaissent pas.
Et pourtant, il existe sur le marché des didacticiels qui pourraient remplacer les professeurs dans les tâches répétitives, qui permettraient aux élèves d’aller au rythme qui leur convient…qui donnerait au prof le temps d’essayer de comprendre ses pupils, de les aimer…
Rêvons!
D’une école qui respecterait les besoins et les talents de ses élèves. Qui permettrait aux sous-doués intellectuellement de faire des apprentissages manuels et d’en tirer fierté, sinon une perception positive de lui-même.
D’un système qui comprendrait que l’intellectualisation n’est pas un must pour tous. Que les métiers manuels, l’artisanat ont de la place dans une société et que leurs représentants peuvent et doivent en tirer fierté.
D’un système qui permettrait d’avoir des vidangeurs sans diplômes de secondaire. Qui ouvrirait la porte aux aptitudes, aux talents, au facilités de chacun, sans focuser sur le foutu diplôme.
Qui bannirait de nos chantier, les mauvais travailleurs protégés par le syndicat.
Qui permettrait au talentueux d’avoir du travail sans devoir expliquer toujours pourquoi il n’a pas ce maudit papier, gage de rien du tout qu’émet l’école en fin de période scolaire.
Rêvons de mère qui prendrait soin de leurs enfants non plus comme des animaux domestiques, mais comme des petits d’homme qui naissent avec une grande intelligence qu’il faut entretenir, protéger, nourrir…
Rêvons d’un monde où les mères dévoués, généreuses de leur temps, ingénieuses et qui font tout pour sécuriser leur petit affectivement et le développer intellectuellement seraient reconnues comme des personnes de très grandes importance…et traitées comme telles…
Rêvons qu’un jour les hommes vivront d’amour.
Grangalo
Voir aussi: Gros bon sens et Ritalin