Jean n’est pas content
 

Il n’y a plus de ciel, il n’y a plus d’enfer
Il n’y a plus que l’homme et l’univers

Plus d’au-secours, plus de prière, plus d’oraison
La société-systême a répudié le cœur
Oublié les sentiments, banni l’âme, la peur
Implanté la raison, les lois, l’ordinateur...
Les hommes sont les bras des organisations

Jean n’est pas content
Jean veut plus d’argent
Voudrait posséder le monde entier
Voudrait contrôler sa destinée

L’enfant ne reconnaît plus la réalité
Il ne croit que ce que lui montre la télé
Comment saurait-il que l’image n’est pas la vie
Quand les autres ont déjà assuré sa survie
Pour lui, pavé le chemin avec des biscuits.

Jean n’est pas content
N’voudrait pas d’enfant
Voudrait jouer toute sa vie
Voudrait contenter toutes ses envies

Pour un rôle meilleur dans ce grand théâtre
Les femmes se revêtent des couleurs de l’homme
Sans elles, les berceuses sont froides auprès des âtres
Renoncent aux enfants, rejettent leur châle
Et de l’homme ne deviennent que des copies trop pâles

Jean n’est pas heureux
Voudrait un Bon Dieu
Ne peut s’abaisser à être pieux
Car prier, c’est être peureux

Pour mener ses moutons au-delà des cloisons
L’Eglise, ce verger, édicte d’autre lois
Enfume sa foi de logique et de raison
Enseigne à l’homme l’existence de l’âme, ses joies
En expliquant péchés, regrets et punitions

Jean sera heureux
Trouvera seul et mieux
En lui, par besoin d’éternité
Joie et lumière et sérénité

Mais il devra d’abord apprendre le chemin
Trouver en lui la force de tout faire bien
Et malgré science, société et quotidien
S’apprendre, se transformer, trouver l’harmonie
Faire avec l’univers une grande symphonie

Il n’y a pas de ciel il n’y a pas d’enfer
Que l’harmonie entre l’homme et l’univers
 

Grangalo