Elles se libèrent
De leur coeur
De leur âme
Cherchent les honneurs
Refusent les blâmes
Connaissent leurs droits
Elèvent la voix
Ne veulent plus être belles
Mais tout en cervelle
Veulent montrer
A l'humanité
Des hommes
Comme elles sont
De bons ordinateurs
Elles apprennent donc
A classer, calculer
Peser, équationner
Leurs actions
Autrefois gestes d'amour
Troquent l'affection
De chaque jour
Pour l'éducation
A l'école
La chaleur du foyer
Pour l'argent gagné
En ville
Les sentiments
Pour les règlements
L'avenir de leurs enfants
Pour les divertissements
La stabilité des familles
De la société
Contre l'impression d'être fille
Elles oublient
La beauté‚ d'être femme
La grandeur d'être aimer
D'aimer, de donner
De savoir verser des larmes
La grandeur de leur tâche:
Fabriquer de demain
La société
Faire des tout-petits
Les hommes heureux
Du futur
La nouvelle société
Elles ne savent plus
Qu'il n'y a de bonheur
Qu'à donner le bonheur
Qu'à donner
Pas à prendre
Grangalo
Pour un rôle meilleur dans ce grand théâtre
Les femmes se revêtent des couleurs de l’homme
Sans elles, les berceuses sont froides auprès des âtres
Renoncent aux enfants, rejettent leur châle
Et de l’homme ne deviennent que des copies trop pâles
(Extrait de "Jean
n'est pas content" )