Les Québécois, qu’ils le veuillent ou non, ne peuvent renier leur passé du revers de la main. D’accord ou pas, ils sont les descendants d’un peuple qui a survécu grâce à l’église catholique et il suffit de lire un peu son histoire pour s’en rendre compte.
Particulièrement après la conquête, il ne restait de «nobles » et des érudits français que quelques médecins, quelques notaires, et l’armée des prêtres et curés…Ce sont eux qui prirent la relève auprès des Québécois pour devenir leur seule source de savoir, leur seul guide tant civil que religieux.
Pour dominer, l’église catholique a toujours prêché l’acceptation des épreuves --accepter les épreuves envoyées par le Seigneur—et pour gagner son ciel rien de mieux que la souffrance, qui donne des indulgences, sorte de coupons-primes qui permettent une plus grande facilité dans l’accès au Paradis.
Cette notion, mérite/ indulgence/ ciel est resté chez nous intact mais elle a pris des allures plus modernes, moins évidentes, presque indépendantes de la religion.
Cette notion a aussi son corollaire : bonheur/ absence de mérite/ peu de chance d’accéder au ciel…bref, il ne faut pas être trop heureux, à moins, évidemment, d’avoir d’abord gagner de très nombreuses indulgences.
La publicité typiquement québécoise utilise abondamment ce thème : Prends une bière, tu l’as bien mérité----après ce gros travail, tu mérites bien une barre de chocolat, etc.
Cette notion de mérite est omniprésente et a des conséquences souvent surprenantes.
Depuis quelques décennies, les Québécois ont acquis un niveau de vie enviable et il leur est devenu difficile d’avoir du mérite. Comment peut-on gagner des mérites et des indulgences quand on vit dans une belle maison de banlieue, quand on a deux autos (japonaises bien sûr la pensée unique l’exige , trois télés, de la nourriture en pagaille et deux ou trois chiens…
Alors, les adeptes de la pensée unique ont trouvé un truc
terrible pour quand même se mériter des indulgences : le bénévolat.
Dans ce pays ou un gouvernement paternaliste a mis des filets de sécurité partout, (gratuité des soins de santé, normes du travail, sécurité du revenu etc.) les bénéficiaires des organismes de bénévoles ont de la peine à se trouver des miséreux à aider. (Quel sacrilège je commets en disant une telle chose !) Qu’à cela ne tienne ! Les organismes d’aide s’inventent une clientèle ou , s’ils n’y arrivent pas, la créent en créant le besoin.
C’est ainsi que, pliant et tordant les statistiques on en arrive à des absurdités comme : au Canada plus de sept femmes sur dix a été violentée. C’est bien certain puisque la définition de femme violentée (Conseil du statut de la femme) est une femme qui a subi de la violence physique, psychologique ou verbale contre elle-même, ses proches, ou ses biens. Quand on y réfléchit, tous les humains ont été violentés une fois ou l’autre.
Violenter votre femme : crisser un coup de pied dans son char !
De cette absurdité est née toute une chiée d’organisme de protection de la femme violentée, refuge de toute sorte, sympathie des juges etc. Où l ‘on n’essaie surtout pas de savoir le pourquoi ou le comment, mais ou sous prétexte d’aider les pauvres victimes--- et de ce fait de gagner des mérites--- on détruit à jamais des couples qui pourraient, avec un peu d’aide, très bien fonctionner.
A force de chercher des pauvres femmes violentées à aider, on a ainsi développer toute une psychose collective d’hommes violents et violeurs, et on en est au point où, pour avoir une relation sexuelle avec une femme, un homme devrait lui faire signer une déclaration officielle de consentement--- qui serait sûrement invalidée par la suite au contact d’un quelconque organisme d’aide aux pauvres femmes.
Les jeunes ont vite appris à profiter de ces systèmes
d’aide et deviennent facilement des sans abris, certains que, dès
que leur trippe sera terminé, ils trouveront tout l’aide dont ils
auront besoin pour s’en sortir.
Toute une classe de parasites professionnels est née, qui savent ou trouver toutes les ressources dont ils ont besoin, sans avoir pour cela à lever le petit doigt. Ils savent faire pitié…ils savent faire croire aux bénévoles qu’en les aidant ils gagneront beaucoup de mérites. Et c’est ainsi qu’on voit des pauvres aller à la soupe populaire en voiture récente, quêter la nourriture des centres d’entraide et la rapporter chez eux en taxi, etc.
Toute une classe de moins futés qui désirent également être secourus, être des personnes importantes, ne trouvent rien de mieux pour faire pitié… que de faire pitié…
Consciemment ou non, ils feront tout pour être dans la misère. Pas de la vraie misère, mais de la misère tout de même. Ils se rendront perpétuellement malades, géreront de façon à devenir relativement pauvres, ou surtout endetté au point d’être obligés de chercher de l’aide.
Ils veulent être misérables mais pas trop.
Ils souffrent de misérabilisme. Pour eux, le bonheur signifierait deux choses : d’abord qu’ils n’ont aucun mérite, et ensuite qu’ils ne sont importants pour personne. La petite misère dans laquelle ils se retrouvent volontairement règles leurs deux problèmes. Ils ont le mérite de souffrir, (donc gagnent des indulgences et en acceptant ainsi les épreuves que le Bon Dieu (sic) leur envoie), ils augmentent leur chance de goûter au bonheur éternel (sic) ) et ils deviennent des personnes importantes. Les fonctionnaires de la médecine devront se pencher sur eux, ils seront hospitalisés, et donc auront enfin une histoire importante à raconter à leurs proches, et de plus ils deviendront des bénéficiaires des œuvres de charité, rendant du même coup service à ces pauvres bénévoles qui sans eux seraient en manque de bénéficiaires et par conséquent, resteraient à leur tour sans mérite, et sans indulgences. La boucle est ainsi bouclée : les adeptes de la pensée unique se mettent dans la misère et gagnent leur ciel ; les bénévoles les aident et gagnent leur ciel ; les médecins et tout le personnel hospitalier travaillent dur et gagnent leur ciel.
Donc, au Québec, tout le monde ira au ciel !
Même les mères de familles font partie de ce schéma : plutôt que de jouir de la liberté que leur offre notre trop riche société, plutôt que de faire des choix en toute liberté d’avoir ou pas des enfants, de rester à la maison et de jouir de la présence de leur progéniture et du bonheur d’en faire les adultes responsables de demain, elles ont des enfants entre deux journées de travail, courent la garderie, se stressent à être à la fois mère et femme de carrière et font bien pitié…faut bien qu’elles gagnent elles aussi leur ciel par la douleur et la misère…Inutile de leur expliquer qu’à cause de la fiscalité, la majorité des familles sont plus pauvres du fait du travail de la femme (s’il y a des enfants) ; inutile de leur expliquer qu’elles sont libres d’avoir ou pas des enfants ; inutile d’expliquer que l’émancipation et la libération de la femme peut passer par la maternité…elles veulent assez de misère pour gagner leur ciel !
Et les mauvaises mamans iront ainsi au ciel !
Le Québec de la pensée unique se divise en deux : ceux qui iront au ciel parce qu’ils s’inventent de la misère, et ceux qui iront au ciel parce qu’ils se donnent de la misère à aider ceux qui ont de la misère !
Avec un bon sens de l’humour, on finirait par mourir de rire !
Mais où ça prend un vrai bon sens de l’humour, c’est quand
on réfléchit à ce que coûte au système
de santé tous ces simagrées…Là, quand on paie les
impôts, il est plus difficile de rire…
Pour ces adeptes de la religion de la pensée unique, être malade est un honneur. Ils exhibent fièrement les cicatrices de leur dernière opération ou vous racontent fièrement les sacrifices (pour des indulgences bien sûr) qu’ils doivent faire parce que le docteur leur a ‘ordonné’ de faire ci ou de ne pas faire ça.
Quand ils sont malades, ils ne cherchent pas en quoi ils ont été fautifs, ce qu’ils ont fait ou omis de faire pour se retrouver dans une telle condition physique. Ils vous expliquent, en cherchant la sympathie, qu’ils sont probablement nés avec un foie défectueux, avec des gènes de 2eme classe, ou que c’est la faute du climat, de la nourriture, (et pourquoi pas du gouvernement). Si vous ne paraissez pas sympathiques à leur misère, alors ils ne vous classeront parmi les cancres qui ne comprennent jamais rien !
Ils ne sont en rien responsables de leur état de santé…et de toute façon, ce n’est pas leur problème mais celui du médecin. Ils ne feront rien de toute façon pour y changer quoique ce soit, à moins que ce ne soit devenu trop grave, puisqu’ainsi ils ont des mérites, sont importants, et gagnent leur ciel ! Ils sont des citoyens honorables et presque des saints ! Ils iront probablement au ciel !
Personnellement, je ne veux pas aller au ciel. Ce serait pour
moi l’enfer; ces gens-là y seront !
Grangalo