Menu Menu
Menu Menu Menu Menu
Accueil
Activités
Histoire
Services
Acces
Liens
Nous contacterCentre comunautaire Jean-XXIII
Menu

  Les sacrements de la réconciliation | Deuil: groupe d'entraide; texte de réflexion: Le voyageur.  Groupe d'entraide pour personnes séparées/divorcées

> Retour

                         

Les sacrements de la réconciliation

( Jc 5,20). Parmi les sacrements, quatre au moins méritent, autant que la pénitence, le qualificatif de « sacrements de la réconciliation » : le baptême, la confirmation, l’eucharistie et le sacrement des malades. Bien plus, l’Église elle-même est sacrement de la réconciliation ou, pour citer la formule célèbre du Concile Vatican II, « à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » ( LG I).

            Dans le sacrement de pénitence, la réconciliation ecclésiale ne vient pas s’ajouter au pardon divin :  elle le signifie. La pénitence antique concevait la réconciliation avec l’assemblée comme le signe et le gage de la réconciliation avec Dieu. Voilà pourquoi la célébration communautaire de la pénitence devrait être la règle, comme les autres sacrements – alors  que, dans le Code/83, elle apparaît manifestement comme une exception. En exerçant le ministère de la réconciliation, l’église atteste la réalité du pardon divin en faveur de ceux qui célèbrent le sacrement avec foi. Le péché étant comme l’envers de la grâce, Dieu seul, source de la grâce, peut remettre les péchés. Il faut donc renoncer à imaginer Dieu pardonnant à tel pécheur particulier au moment où celui-ci reçoit l’absolution sacramentelle. Dieu témoigne sans cesse sa miséricorde aux humains. Son offre de pardon devance tout ce que nous pourrions faire pour la mériter ou la provoquer. Lorsque nous célébrons la réconciliation ecclésiale, les ministres de l’église attestent par là même la vérité du pardon de Dieu pour nous, ici et maintenant. Les théologiens classiques enseignent  d’ailleurs que Dieu accorde son pardon dès lors que le pécheur regrette sincèrement sa faute, avant même l’absolution. Nous devons congédier l’image de ces interventions ponctuelles de Dieu qui font apparaître celui-ci comme une sorte de distributeur automatique du pardon « à la demande ».

            […] Au regard des sources bibliques et de l’histoire du sacrement de la pénitence, chaque forme de célébration du pardon qui intègre les trois éléments essentiels ( contrition, aveu, parole ministérielle d’absolution ) est en elle-même complète. L’Église ne peut pas déclarer qu’elle atteste la rémission des péchés en sous-entendant qu’elle ne l’atteste pas vraiment. C’est pourtant ce que semblent affirmer les canons 962, i et 963 du Code/83. Or, les modalités de célébration qui se sont succédé au cours des siècles

( pénitence publique, pénitence tarifiée, confession individuelle ) n’ont jamais été considérées comme complémentaires les unes des autres. Chacune des trois représente une figure authentique du sacrement de la rémission des péchés. Il va de soi que la confession individuelle et le recours à un guide spirituel gardent leur entière valeur pour les personnes qui souhaitent en user.

            Dans les pages précédentes, j’ai utilisé plusieurs fois le verbe

« attester » pour caractériser l’absolution sacramentelle. En restituant à ce terme son sens étymologique, j’entends signifier par là que Dieu seul pardonne et que le ministère de l’Église consiste à rendre témoignage au pardon divin en se fondant sur l’autorité du Christ, le témoin fidèle. Le prêtre intervient comme témoin autorisé, mandaté par l’Église, et non comme juge. Faire du sacrement de la réconciliation une action judiciaire revient à en fausser la nature. « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés !» Cette recommandation se retrouve à travers tout le Nouveau Testament. Le rôle du ministre ordonné est de rendre témoignage à la réalité du don de Dieu.

Charles Wackenheim, Une Église au péril de ses lois, p. 128-130.
N.B. Les soulignés sont de nous.