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Centre comunautaire Jean-XXIII
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Qui faut-il baptiser ?

Au plan liturgique, la fête du Baptême du Seigneur marque à la fois la fin du cycle de Noël et de la vie discrète de Jésus à Nazareth ainsi que le début du temps ordinaire centré sur son ministère public. Membre à part entière du peuple juif et vraiment solidaire avec lui, Jésus reçoit le baptême conféré par Jean. Puis l’évangéliste Luc nous montre Jésus en prière. Se produit alors l’inattendu :

« le ciel s’ouvre », signe attestant que Dieu, ce grand silencieux depuis des siècles, décide d’intervenir en envoyant l’Esprit Saint auprès de son Fils.

Supprimant la distance qui le sépare de son Fils, le Père fait entendre sa voix :

« c’est Toi mon Fils bien aimé : en Toi j’ai mis tout mon amour »

Tout le peuple assiste ici à une présentation officielle, une intronisation en bonne et due forme de Jésus : il est Fils de Dieu, son Bien-Aimé, ce Roi-Messie tant attendu qui un jour plongera dans la mort pour faire de ses disciples des fils et des filles de Dieu.

La fête du Baptême de Jésus nous invite aussi à réfléchir sur le sens même du premier grand sacrement d’Église qu’est le baptême, et plus particulièrement sur son admissibilité. J’initie cette réflexion en partant d’un fait vécu.

Un matin, il y a de cela quelques années, je déjeunais au Grand Séminaire de Montréal. Près de moi, un séminariste et un prêtre sulpicien aîné conversaient. Le séminariste parlait du baptême, de parents bien ignorants dans leur foi, qui demandent  le baptême simplement pour suivre la Tradition.

J’étais curieux d’entendre ce qu’avait à dire notre bon sulpicien sur le sujet. Il s’est mis à parler dans le même sens que son interlocuteur : le manque de disponibilité des parents, leur présence à reculons à la rencontre de préparation, leur absence à la messe dominicale, des exigences que l’Église devrait fixer, etc.

C’est alors que je me suis glissé dans la conversation. : « Excusez un p’tit curé de paroisse de Trois-Rivières d’intervenir. Mais lorsque des parents me demandent de baptiser leur enfant, je les félicite de cette décision. Je les valorise d’ailleurs sur leur générosité : c’est beau, c’est grand de donner la vie en 2000 !  À la rencontre des parents, je parle de ce qu’ils vivent, de la vie, de Dieu. C’est beau de les entendre parler du bonheur qu’ils veulent, que Dieu veut pour leur enfant ».

Le déjeuner s’achevait . Je crois qu’ils m’ont trouvé dérangeant, prétentieux de leur avoir tenu de tels propos, et téméraire dans mon agir pastoral. !

En fait, nous nous trouvons en présence de deux écoles de pensée qui circulent présentement dans l’Église au Québec :

       1) ne conférer le baptême que sur le témoignage d’une foi engagée et  d’une pratique éprouvée. C’est la position qui assimile le christianisme à une religion de purs, de parfaits, fondée principalement sur des certitudes et des lois

       2) conférer le baptême en misant sur la foi en cheminement des gens. C’est la religion respectueuse des individus et des parcours divers.

Inutile de préciser que mon adhésion va à la seconde conception.

Que cette eucharistie nous aide à vivre comme une famille de frères et de sœurs de Jésus ayant à cœur la personne avant toute chose.

François Gravel, ptre.

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