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Centre comunautaire Jean-XXIII
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À quoi ça sert de prier
?

Chaque jour je prie pour que Dieu protège tous ceux que j’aime. Or, peu avant Noël, mon jeune frère, qui était passionné de la vie, s’est tué accidentellement sur la route. Et depuis je me demande : à quoi ça sert de prier ?

Lorsque la mort vient de nous enlever un être cher, malgré nos prières incessantes pour obtenir sa protection, sa guérison ou encore pour empêcher son suicide ; lorsque la maladie nous frappe impitoyablement, empêchant toute vie active ; lorsque nous constatons notre impuissance face aux guerres, aux famines et à tous ces cataclysmes qui affectent le monde, on peut effectivement se demander à quoi ça sert de prier ? La réponse n’est pas simple. Sans prétendre épuiser le sujet concernant cette question, tentons néanmoins d’apporter quelques éléments de réponses susceptibles de nous éclairer dans notre réflexion.

De prime abord, il est bon de se rappeler, que Dieu ne reste jamais insensible à nos demandes. Lorsque le mal nous afflige et que nous faisons appel à Lui, nous pouvons être assuré qu’il vient habiter notre souffrance et qu’il prend soin de nous. Bien que nous ressentions souvent douloureusement son absence, Il est toujours là où on souffre, là où on meurt. Toutefois, il faut en convenir, ses interventions sont la plupart du temps bien discrètes. Car, c’est à travers les personnes ou les événements qu’Il vient nous rejoindre au plus profond de notre nuit. Cependant la prière n’est pas dotée d’un pouvoir magique. En effet, la prière ne change pas les choses. Par contre, elle change les gens qui eux changent les choses. Par la prière, nous entrons en contact avec l’Esprit, qui est Amour. Et Dieu ne refuse jamais d’accorder son Esprit à ceux qui en font la demande. C’est ce que Luc nous dit dans son Évangile. Dans un passage du chapitre onze, concernant l’efficacité de la prière, Jésus s’adressant à ses disciples leur dit : « demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. [….] Si donc, vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » ( Lc 11,9.13).

Autrement dit, la prière ouvre nos cœurs à Dieu. Elle crée en nous un espace où Dieu peut enfin se dire et se manifester. En venant habiter au plus profond de notre être, l’Esprit de Dieu nous transforme et nous pousse à agir. Il nous ouvre alors à la fraternité, à la compassion, et nous rend ainsi plus sensibles aux autres et à leur douleur. Et lorsque nous sommes attentifs à sa voix, Dieu nous inspire à poser le geste qu’il faut ou à dire les paroles qui redonnent vie et raniment l’espérance. Bref, si la prière approfondit notre relation à Dieu, elle favorise également la communion entre nous. Elle permet ainsi à la personne souffrante, qui se sent parfois incapable de prier, de se sentir soutenue par la prière des autres. Il faut reconnaître cependant, que Dieu ne peut empêcher ni la souffrance, ni la maladie, ni la mort de nous atteindre, puisque toutes ces réalités font partie de notre condition humaine terrestre et de notre finitude. Néanmoins, par la prière, Dieu nous donne la force et le courage de traverser l’épreuve, et éventuellement de transformer celle-ci en vie. Finalement, la prière mène à l’abandon confiant dans l’amour infini de Dieu, dont le plus grand désir est notre bonheur. D’ailleurs, si on se réfère à l’ensemble des Écritures, Dieu n’est pas considéré comme un dieu lointain, mais comme un dieu proche, qui chemine avec nous, dans les joies comme dans les peines. Voilà, les raisons pour lesquelles on donne au Fils de Dieu le nom d’Emmanuel, nom d’origine hébraïque qui signifie « Dieu avec nous ». Il ne faut donc pas craindre de lui adresser nos prières. Jésus n’a-t-il pas dit «Venez à moi vous qui ployez sous le fardeau et je vous soulagerai ». Bien, que nos prières ne soient pas toujours exaucées dans le sens que nous le désirons, nous pouvons avoir la certitude qu’elles porteront fruits d’une manière ou d’une autre.

Monique Jolivet, B.TH

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