Qu’est-ce que la prière ?
Que
signifie prier ? Poser cette question, c’est s’attendre à recevoir des
réponses très différentes les unes des autres. Réponses qui s’accordent
à la foi et à la personnalité profonde de chacun. On prie avec ce qu’on
est, avec ce qu’on a vécu et ce que l’on vit.
La prière spontanée est sans doute la prière de demande. C’est avec le
temps, avec les expériences vécues, joies et peines, qu’on apprend à
purifier sa prière. La plus parfaite est sans contredit la prière de
louange, celle qui se préoccupe de Dieu d’abord. Le Pater l’illustre
bien puisqu’il débute par des souhaits : « … que ton Nom soit
sanctifié… »
Prier, c’est louer et dire merci en premier lieu : c’est une porte
d’entrée pour arriver à Dieu. On ne se présente pas chez des amis en se
plaignant de ses maux ou en ayant des exigences. On les embrasse, on
leur demande de leurs nouvelles, si tout va bien, etc. Prier, c’est dire
merci à Dieu d’être là, d’avoir accepté notre invitation et de se dire
heureux d’être avec lui et de souhaiter qu’il se sente bien avec nous.
Il me semble que prier, c’est savourer la présence de Dieu qui nous
apporte la paix, la lumière et le repos. Prier, c’est causer avec Dieu
comme avec un ami très cher.
Prier, c’est aussi demander : le pain pour la faim du corps et la faim
de l’âme. C’est demander pardon pour soi afin de savoir pardonner aux
autres. Et pourquoi pas, pardon à soi pour le mal qu’on s’est fait et
qu’on a fait aux autres. Au fond, il faudrait résumer en disant que la
prière suppose la confiance et l’abandon à Dieu, qui tentent de laisser
le moins d’espace possible au doute. Elle exige aussi de l’humilité pour
reconnaître sa propre faiblesse et son grand besoin de l’aide et de la
force de Dieu.
Prier, c’est se mettre en présence de Dieu en essayant de faire taire
les bruits que font nos soucis, nos inquiétudes, nos peurs. Ou plutôt,
ce serait les offrir pour que Dieu les fasse taire afin qu’on puisse
entendre sa voix qui se manifeste seulement dans le silence. La voix de
Dieu, ce murmure, cette brise légère, où Élie l’a enfin reconnue.
Prier, c’est en définitive être patient et c’est le plus difficile.
Dieu, lui, n’est pas pressé. Il a son heure qui n’est pas la nôtre et
sur laquelle on apprend, petit à petit, à se brancher.
Prier, c’est vivre aujourd’hui, parce que demain est un autre jour et
que ce demain s’occupera de lui-même. Jésus nous l’a dit dans son
évangile et il ne peut pas nous tromper. Dieu, c’est un ami qui nous
réserve bien des surprises.