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Peut-on parler aux morts ?

Les adeptes de certains groupes religieux reprochent souvent aux catholiques de «parler aux morts », et même de prier pour les morts. Les motifs appuyant une telle attitude sont fondés ou bien sur une lecture différente des textes bibliques ou bien sur un malentendu.

Un texte qui nous est généralement jeté comme argument est tiré de Matthieu (8,21-2) : « Un autre des disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père ». Mais Jésus lui dit : « Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts. » Cette parole semble très dure, inhumaine même. Jésus condamnerait-il les rites d’ensevelissement ? La tristesse du deuil ? Le souvenir de nos chers disparus ?

Jésus inhumain ? Une telle attitude irait en contradiction profonde avec l’image que nous en projettent toutes les Écritures et avec la nature même de son message. Précisons d’abord un point : dans ce texte, le terme « les morts » ne désigne pas les personnes décédées mais bien celles qui n’ont pas encore trouvé le Royaume de Dieu. Voilà qui change la perspective.

Replaçons maintenant cette phrase dans son contexte, soit l’ensemble des autres enseignements de Jésus sur le sujet (Matthieu, 9,9 ; Jean 1,43 ; 21,19). Le sens qui s’en dégage alors est celui-ci : suivre Jésus est plus important que les autres tâches. Non pas que celles-ci soient inutiles ou même condamnables, mais elles ne prennent leur sens que si elle sont d’abord et avant tout liées à la foi en Christ. On peut aussi en tirer une leçon plus générale encore : il ne faut pas attacher sa vie au passé mais continuer à marcher, ici avec Jésus.

Il arrive aussi que le comportement des catholiques envers les morts soit associé par certains au spiritisme. Les adeptes de cette croyance essaient d’évoquer l’esprit des morts au moyen de certaines techniques telles que les tables tournantes, le recours aux médiums… En ce cas, les Esprits sortiraient d’outre-tombe pour revenir «parler » aux vivants. Il tombe sous le sens que la foi catholique n’a rien à voir avec cette forme de théosophie. Pour le catholique, la mort est certes le passage à un autre état de vie. Cet état est hors de notre espace et de notre temps. La personne décédée est toujours «vivante», grâce au Christ qui a vaincu la mort. C’est par Lui que, ici-bas ou dans l’au-delà, nous sommes en communication les uns avec les autres. Ici pas de «revenants », pas de fantômes, pas de tentative pour faire «parler » les Esprits, mais tout simplement une communion de personnes vivant en des états différents, une communion déjà commencée sur terre et qui se continue d’une autre façon. N’est-ce pas ce qu’on appelle « la communion des saints » ? Communiquer, communier, n’est-ce pas, d’une façon véritable, partager ou, en d’autres mots, «se parler »?

Raymond Pagé