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Printanier
Demoiselle
au bureau devant ta machine,
sur tes
doigts brille le soleil du printemps,
tes mains
frémissent, mon Dieu,
tu
voudrais pouvoir t’en aller.
La vie,
vois-tu, est formidablement belle,
le banc du
parc est bien trop dur,
mais quand
on aime toute l’âme poétise
et ce bois
lui-même ne se dédaigne pas.
Oui, je
sais, ça n’est pas rien d’aimer,
le ressac
de l’amour nous ballotte,
un moment
à planer haut dans le ciel,
accompagné
jusque-là d’un rayon de soleil,
puis
soudain l’implacable pesanteur
nous
ramène tout en bas
et la dure
réalité nous visse à la terre,
ne t’en
fais pas pour ça, tout d’un coup
tu
rejoindras les étoiles, serrée dans ses bras,
car tu es
jeune, avec tes vingt ans,
et à ton
âge tout amour gai attriste,
car
l’amour c’est comme tout au monde :
il est
amer bien sûr mais savoureux.
Si tu m’en
crois, je peux te donner
un vrai
conseil d’ami,
n’aie
jamais peur d’aimer, demoiselle !
et si
quelqu’un t’embrasse sur la joue droite,
tends la
gauche.
Jaroslav
Seifert, dans Hymne à l’amour, Droguet & Ardant, p. 8.
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Adam
et Ève
Adam se
tient
Au bord de
la source
Sans
pressentir
Qu’il ait
une image
Pourtant
À peine se
penche-t-il
Pour y
boire
Ève déjà
Vers ses
lèvres se tend.
Pierre
Emmanuel, dans Hymne à l’amour, Droguet & Ardant, p. 12. |