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Vivre,
mourir
C'est la vie
qui nous prépare à mourir : et elle connaît bien son métier. Il suffit
de l'écouter, de la voir, de la suivre. Elle nous explique la mort
petitement, ou grandement selon les jours. Quelquefois sans nous faire
du tout de mal. D'autres fois en nous disloquant de douleur.
Quelquefois, en soulignant nos petites morts quotidiennes, d'autre fois
en étendant morts ceux que nous aimons plus que nous-mêmes,
La vie, c'est notre maîtresse de mort. Mais, à son tour, la mort nous
devient maîtresse de vie, nous qui savons la pénitence humaine. Comme la
mère souffre l'enfantement de ce qui naît, comme le père sue pour
nourrir l'enfant qui vit, ainsi portons-nous notre mort commencée, et
bientôt finie comme notre propre et définitif enfantement. Mais il
s'agit de bien naître chaque fois où nous mourons un peu, et de naître
beaucoup quant nous mourons beaucoup. Il s'agit dans cette fréquentation
de la mort, d'apprendre à fréquenter la vie.
Madeleine Delbrêl, dans
Calendrier Saint-Paul, novembre 2005.
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Mort et
culpabilité
Beaucoup ont
un sentiment de culpabilité quand meurt une personne qu’ils ont aimée et
envers qui ils sont restés quelque peu redevables. À chaque fois, la
mort d’une personne qui nous est familière fait émerger la question de
nos omissions, des échanges que nous aurions dû avoir avec lui, du mal
que nous avons pu lui faire, de notre indifférence à son égard pendant
le temps que nous avons passé avec elle… Le défunt ne nous garde pas
rancune. Il ne souffre plus des blessures que nous lui avons causées, de
nos négligences par rapport à lui et des malentendus qui ont pu exister
entre nous. Il est dans la perfection, dans la paix.
Anselm Grün, Une
méditation pour chaque jour, Les éditions de l’Atelier, Paris, 2001,
p. 47
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